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La dette française mise à l’épreuve du risque politique

La dette française mise à l’épreuve du risque politique
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La défiance face à la dette française s'est-elle de nouveau installée ? Il est encore un peu tôt pour le dire et les raisons à la brusque remontée des rendements sont nombreuses. Mais force est de constater que les taux d'intérêts servis sur les emprunts nationaux ont connu une remontée très nette depuis l'élection de Donald Trump et continuent leur ascension depuis, touchant un plus haut de 17 mois dans les premiers jours de février, au-dessus de 1%.

La défiance des investisseurs face au contexte politique chargé - difficultés du candidat François Fillon, absence d'unité au Parti Socialiste et montée du Front national à trois mois des élections présidentielles - explique en partie cette poussée d'inquiétude. La remontée brutale de l'inflation aussi, à 1,4% en janvier en France et 1,8% en zone euro en rythme annuel (fortement aidée par les prix de l'énergie), laissant anticiper un resserrement du programme de rachat de dette de la BCE.

Mais l'une des explications de l'écartement net du spread franco-allemand et du rapprochement avec celui des pays du Sud du côté des marchés vient du renforcement des positions vendeuses sur le marché des futures à 10 ans aidé par une liquidité forte de la dette française. Une situation aggravée par le fort volume d'émissions de dette française depuis janvier, soit 24 milliards d'euros émis depuis le 1er janvier.