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Les mégatendances propulsent la dette infrastructure au premier plan

SCHRODERS
Dans un marché marqué par l’incertitude, la dette infrastructure s’impose comme une source durable de stabilité et de revenus.
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Les marchés mondiaux évoluent dans un environnement de volatilité persistante, nourri par les tensions géopolitiques, les interrogations entourant la trajectoire des taux d’intérêt et la recomposition des opportunités sur les marchés privés dans un contexte de « découplage cyclique ».
Dans ce cadre, la dette infrastructure attire un nombre croissant d’investisseurs, portée par un ensemble de caractéristiques devenues rares : résilience, diversification et visibilité des flux.

Emaad Sami, Senior Investment Director chez Schroders Capital, analyse les mégatendances qui alimentent les opportunités de cette classe d’actifs, les raisons pour lesquelles l’Europe est particulièrement bien positionnée, ainsi que le rôle que la dette infrastructure peut jouer dans les portefeuilles.

Pourquoi un regain d’intérêt pour la dette infrastructure ?

Longtemps considérée comme une poche spécialisée du crédit privé, la dette infrastructure s’installe progressivement dans les allocations « cœur ». La classe d’actifs bénéficie de fondamentaux robustes et d’un alignement évident avec les grandes transformations économiques de la décennie à venir.

Sa résilience tient avant tout à la nature des actifs financés : énergie, transport, numérique, services essentiels. Indépendamment du cycle, les besoins restent constants. Cette dimension se traduit par des revenus prévisibles et des flux plus stables, qui offrent une protection bienvenue dans un marché redevenu volatil.

La dette infrastructure présente également des spreads attractifs face aux obligations liquides comparables, reflétant une prime d’illiquidité et de complexité inhérente aux transactions privées. Elle s’est, enfin, distinguée par une meilleure résistance que d’autres segments privés à la détérioration du crédit, grâce à la robustesse des infrastructures sous‑jacentes.

L’Europe, un terrain d’investissement structurant

Si la dette infrastructure est un marché global, l’Europe en constitue aujourd’hui l’un des pôles les plus actifs. Près d’un tiers des investissements mondiaux y seraient réalisés. La région bénéficie d’un cadre réglementaire mature, d’un écosystème solide d’opérateurs et sponsors, ainsi que d’un pipeline soutenu d’actifs finançables.

Surtout, l’Europe offre une diversification sectorielle remarquable :

  • transport (routes à péage, aéroports, rails),
  • environnement (eau, déchets),
  • infrastructures sociales,
  • numérique (tours télécoms, fibre, data centers),
  • énergie (renouvelables, stockage, réseaux).

    Cette diversité limite les concentrations et renforce la capacité des portefeuilles à absorber les chocs. La région présente aussi un équilibre précieux entre projets brownfield (extension/modernisation d’infrastructures existantes) et greenfield (développement et montée en puissance de nouvelles infrastructures), alimentant un cycle continu de réinvestissement. Les avancées liées à la transition énergétique et à la digitalisation créent par ailleurs un flux régulier d’opportunités soutenues par des politiques publiques de long terme.

    Des forces structurelles qui ancrent la demande

    Au‑delà du cycle, la dette infrastructure est portée par plusieurs mégatendances désormais déterminantes. La transition énergétique mobilise des investissements considérables : au‑delà des seules énergies renouvelables, les besoins concernent les réseaux, le stockage d’énergie et les infrastructures de transport décarboné.

    Le numérique suit la même trajectoire. Fibre optique, data centers et actifs télécoms s’imposent aujourd’hui comme des infrastructures critiques. Cette évolution s’accompagne néanmoins d’une nécessaire discipline : tous les actifs numériques ne présentent pas les mêmes profils de risque, notamment ceux reposant sur des modèles de revenus encore immatures. Les prêteurs privilégient donc technologies éprouvées et revenus contractualisés.

    Un repositionnement progressif des investisseurs

    Deux tendances ressortent clairement.
    D’une part, un nombre croissant d’institutionnels — assureurs non‑vie, fonds de pension, fonds souverains — initient leurs premières allocations, attirés par la stabilité des revenus et la faible corrélation avec les marchés cotés.
    D’autre part, les investisseurs déjà présents renforcent leurs positions : la dette infrastructure gagne en poids dans les budgets alloués aux marchés privés, grâce à son rôle stabilisateur au sein de portefeuilles souvent exposés à des stratégies plus cycliques.

    La valeur relative constitue un autre facteur d’intérêt : les niveaux de spreads restent élevés et permettent, selon les profils de risque, d’envisager des rendements à deux chiffres.

    Une allocation appelée à durer

    La dette infrastructure possède les attributs d’une allocation d’ancrage dans le crédit privé : visibilité des flux, résistance aux cycles et exposition à des actifs indispensables au fonctionnement des économies modernes.
    Les tendances qui la sous‑tendent — décarbonation, digitalisation, transformations démographiques — sont profondes et structurelles, et devraient soutenir la demande de financements long terme.

    Dans un marché chahuté, cette classe d’actifs apparaît ainsi comme une source solide de stabilité, de diversification et de revenus.

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