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« Les exigences des investisseurs concernant la prise en compte de la santé mentale dans les entreprises seront croissantes »
« La santé mentale, l’affaire des entreprises comme des investisseurs » est le thème du groupe de travail piloté par Sycomore Asset Management, dans le cadre du Think tank « 2030, Investir demain », créé en partenariat par les médias L’AGEFI et ID l’info durable. Claire Mouchotte, Analyste durabilité chez Sycomore AM et plus particulièrement spécialiste du capital humain, revient dans cette interview vidéo sur les enseignements à tirer des réflexions menées au cours du deuxième atelier de ce groupe de travail.
Une gouvernance robuste et un engagement clair du management
« Les entreprises qui sont réellement parvenues à progresser sur l’enjeu de la santé mentale sont celles qui ont compris que ce devait être un sujet structurant dans leur stratégie et leur mode d’organisation, à travers un engagement clair du management, une approche organisationnelle et enfin un suivi structuré » estime Claire Mouchotte. Précisément, il doit y avoir un engagement clair du leadership, visible dans les politiques, dans les prises de parole et aussi dans les ressources allouées. « Il est très important que le top management donne le rythme, qu’il diffuse ce sujet afin qu’il puisse ruisseler dans l’organisation » ajoute Claire Mouchotte. En outre, l’approche doit être organisationnelle et non seulement individuelle : « elle doit se traduire dans l’expérience quotidienne des salariés, via des aspects très concrets, comme revoir des fiches de poste, clarifier des objectifs, et des espaces de discussion sur tous ces sujets d’organisation doivent être aménagés ». Dans cette perspective, le rôle des managers de premier niveau, du management direct est central concernant la prévention des risques psychosociaux. « Ce sont souvent les plus exposés, car ils représentent un point de contact quotidien avec les salariés, aussi ils doivent pouvoir être accompagnés dans la prise en compte de ce sujet avec les salariés » constate Claire Mouchotte. Plus largement Sycomore AM attend une gouvernance robuste des entreprises sur le sujet, elles peuvent ainsi interagir régulièrement avec les équipes, voire les impliquer directement dans les initiatives mises en place dans une démarche de co-construction.
Un suivi structuré
Enfin, le suivi doit être structuré, des informations sur ce thème doivent pouvoir être collectées, afin de mesurer des évolutions. Des indicateurs quantitatifs (turnover, taux d’engagement des salariés, taux d’absentéisme, voire le taux d’absentéisme lié à des raisons de santé mentale...) peuvent être combinés avec des indicateurs plus spécifiques (pourcentage de managers formés à ces questions, participation des salariés à des dispositifs de soutien ou d’accompagnement sur le sujet), voire des informations qualitatives : « il peut s’agir d’informations collectées par l’entreprise via des baromètres, laissant vraiment de l’espace aux salariés pour s’exprimer librement, ou des initiatives telles que des plateformes de soutien ou d'évaluation. Ces plateformes peuvent avoir différents usages, elles peuvent permettre aux salariés de s’auto-évaluer, de recevoir des conseils, ou encore d’être orientés vers des professionnels de santé » détaille Claire Mouchotte.
Un besoin de transparence et de cohérence
En conclusion, « les exigences des investisseurs concernant ces sujets seront croissantes, selon Claire Mouchotte, à travers des stratégies claires et une recherche d’alignement sur des standards internationaux, la santé mentale étant par exemple un enjeu pris en compte par l’Organisation mondiale de la santé, ce qui nécessitera plus de transparence et une cohérence entre les discours et les pratiques ».
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