Olivier Dellenbach (Chapsvision): «L’asset management est le métier le plus touché par l’IA après le conseil»

Le fondateur de Chapsvision a livré lors de l’AM Tech Day organisé par L’Agefi une vision sans concession des impacts de l’intelligence artificielle pour la gestion d’actifs. Une révolution dont le secteur n’a, selon lui, pas pris la mesure.
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Gérants d’actifs, accrochez vos ceintures ! Olivier Dellenbach, fondateur du spécialiste français des données et de l’IA, Chapsvision, était l’invité d’honneur en clôture de la 17e édition de l’AM Tech Day que L’Agefi a organisée à Paris ce 3 novembre. L’occasion pour lui de livrer une vision sans concession des bouleversements que l’intelligence artificielle va apporter au secteur de l’asset management.

«J’ai une conviction profonde, que je ne vois pas encore chez nos clients : l’intelligence artificielle est une comète, qui est en train de nous arriver sur la tête et dont nous n’avons encore pas du tout conscience», affirme le dirigeant. Et de poursuivre: «Quand on me demande quel est le métier qui va être le plus impacté par l’IA, je cite en premier le conseil et en deuxième, l’asset management».

«La vraie révolution IA, la révolution agentique, va redéfinir tous les métiers» de la gestion, ajoute Olivier Dellenbach, en citant l’exemple de la recherche faite par des analystes. «On n’est pas dans une logique de dire que l’humain va être augmenté par l’IA, selon le dirigeant. Des process complets allant de la recherche à la gestion de portefeuille, le prix de trading, l’exécution, le post-trading, vont être automatisés de plus en plus par des agents. La chance ou la malchance de l’asset management, c’est que c’est un environnement industriel, lequel se prête extrêmement bien à l’automatisation par des agents.»

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Un boulevard pour de nouveaux acteurs

Pour celui qui a participé à l’aventure d’eFront, revendu à BlackRock en 2019, la prise de conscience n’est pas encore là. Elle se produit tout juste chez certains hedge funds quant, comme Citadel. «Elle viendra avec les solutions», estime Olivier Dellenbach, «probablement avec de nouvelles start-up d’asset managers qui, eux, n’auront pas tous les freins et les blocages inhérents à un mode de fonctionnement maintenant très ancien et qui vont complètement disrupter cette industrie.»

Se disant «techno-enthousiaste», l’entrepreneur ajoute que «personne n’a vraiment encore compris et implémenté le modèle. Les premiers qui vont réussir à le faire captureront une part considérable de la valeur». «Il y a une constante, en fait, absolue, c’est que les leaders de la révolution suivante sont rarement les leaders de la révolution précédente», constate Olivier Dellenbach.

L’IA agentique étant devenue un sujet de direction générale, les patrons d’asset managers doivent donc le prendre à bras-le-corps. D’abord s’acculturer personnellement à l’IA, puis investir beaucoup. «L’autre alternative, ce que font beaucoup de sociétés, en particulier quand vous êtes vraiment un gros paquebot et que vous ne savez pas bouger, c’est créer une start-up interne», conseille le dirigeant, qui s’attend à de gros changements à un horizon de trois ans.

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