Dejan Glavas : «Nous pensons voir de plus en plus émerger un usage de l’IA dans l’allocation d’actifs»
«Ce que nous disent des gestionnaires d’actifs, c’est qu’il y a beaucoup de prudence vis-à-vis de l’usage de technologies nouvelles», confie le directeur de l’Institut IA et Durabilité. Les usages les plus massifs en finance durable, se font dans la recherche et la gestion des données.
Les modèles d’IA sont particulièrement utilisés pour sourcer des données de manière générale et faire des analyses textuelles des données ESG de manière plus spécifique. «Typiquement, vous allez avoir cela dans les marchés d’obligations privées ou de dette privée, où on a des entreprises qui ne sont pas cotées, qui ne vont donc pas diffuser des informations massivement, ajoute Dejan Glavan. Dans ce type de cas, l’IA permet de chercher les informations d’une manière alternative, les traiter, les classifier, les utiliser dans les analyses ESG.»
Bien entendu, comme dans beaucoup de secteurs, c’est le gain de temps et plus généralement la haute valeur opérationnelle, qui motive le recours à l’IA.
Le blocage de l’explicabilité
«Ce que l’on pense voir émerger de plus en plus, c’est l’usage de l’IA pour l’allocation d’actifs, pour la partie investissement», exprime Dejan Glavas. Pour l’instant, le blocage semble être réglementaire, mais pas seulement. Si les prévisions de portefeuille en termes de performance sont possibles grâce à l’IA, le problème de l’explicabilité reste bloquant. « Nous avons des problématiques pour comprendre comment le modèle en est arrivé à certains résultats. Et ça, c’est un véritable blocage dans le monde de la finance en général et plus spécifiquement chez les gestionnaires d’actifs et les sociétés de gestion », précise Dejan Glavas.
Vers un usage raisonnable de l’IA
Dans un monde où l’IA se déploie de plus en plus, le professeur recommande de «ne pas faire de sur-ingénierie». Certaines tâches ou métiers, ne nécessitent pas d’utiliser des modèles très puissants, selon lui. «Dans le risque de crédit par exemple, il n’est pas forcément utile d’utiliser des modèles plus complexes», souligne Dejan.
Enfin, la taille des LLM (Large Language Model, modèle de langage) n’est pas sans conséquence en termes d’impact écologique, le professeur suggère donc de privilégier des modèles de petite taille. Et concernant la comparaison entre Open AI et Mistral «Mistral est beaucoup moins consommateur d’énergie, que ce soit à l’entraînement ou à l’usage», conclut Dejan Glavas.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises s'organisent pour passer de l’expérimentation de l’IA à l’industrialisation
Evaluer la maturité de l’entreprise, construire une gouvernance IA solide, s’appuyer sur un conseil d’administration éclairé constituent des gages de la réussite. -
La start-up canadienne d'IA Cohere rachète l'allemande Aleph Alpha
Cette acquisition, annoncée vendredi 24 avril par les ministres allemand et canadien du numérique, est destinée à donner naissance à une entreprise visant à créer des systèmes d’IA «souverains», alternatifs à OpenAI et consorts. -
Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
L'action s'envole dans les premiers échanges à Wall Street vendredi après que le groupe a également communiqué des prévisions optimistes. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
Jolt Capital et ABC Bourse s'allient pour évaluer le potentiel d'innovation des sociétés cotées
La société de gestion et le site d’information boursière ont annoncé mercredi un partenariat visant à proposer aux investisseurs particuliers trois nouveaux indicateurs technologiques mesurant la « puissance deeptech » des sociétés. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique