Mistral AI lève 1,7 milliard d’euros et accueille ASML à son capital
L’information avait largement été éventée, elle est désormais confirmée. Mistral AI a indiqué mardi matin avoir levé 1,7 milliard d’euros à un prix valorisant l’entreprise 11,7 milliards d’euros après l’augmentation de capital.
L’opération a été en grande partie souscrite par le géant néerlandais des semi-conducteurs, ASML, qui indique dans un communiqué distinct avoir pris environ 11% du capital de la start-up contre 1,3 milliard d’euros. Plusieurs investisseurs historiques de l’entreprise fondée en 2023 par Arthur Mensch, Timothée Lacroix et Guillaume Lample ont également participé au tour de table, dont DST Global, Andreessen Horowitz, Bpifrance, General Catalyst, Index Ventures, Lightspeed et Nvidia.
Le groupe néerlandais ASML, dirigé par le Français Christophe Fouquet, obtiendra un siège au comité stratégique de Mistral AI qui sera occupé par son directeur financier, Roger Dassen, «ce qui lui permettra de jouer un rôle consultatif dans les décisions stratégiques et technologiques futures de Mistral AI», indique ASML. Le fournisseur d'équipements de fabrication de semi-conducteurs devient le premier actionnaire de Mistral AI derrière chacun des fondateurs «qui contrôlent encore très majoritairement la société», a indiqué à L’Agefi un porte-parole de la start-up.
A lire aussi : ASML sécurise l'assise européenne de Mistral AI
Ancrage européen
«ASML est fier de s’associer stratégiquement à Mistral AI et d’être l’investisseur principal de cette levée de fonds. La collaboration entre Mistral AI et ASML vise à apporter des avantages concrets aux clients d’ASML grâce à des produits et solutions innovants rendus possibles par l’IA, et ouvrira des perspectives de recherche commune pour saisir les opportunités futures», a indiqué Christophe Fouquet.
Cette levée de fonds soutiendra «la recherche scientifique de Mistral AI pour repousser les limites de l’IA et relever les défis technologiques les plus critiques et sophistiqués auxquels sont confrontées les industries stratégiques», s’est de son côté félicitée la start-up.
Elle revendique actuellement plus de 100 clients représentant des contrats d’une valeur annualisée de 312 millions d’euros pour un total pluriannuel de 1,4 milliard d’euros. L’entreprise compte plus de 350 salariés au sein de six bureaux situés à Paris, Londres, Luxembourg, Palo Alto, New York et Singapour.
L’entrée d’ASML en tant qu’actionnaire de référence de Mistral AI conforte en outre l’ancrage européen de la licorne parisienne alors que des informations de presse ont rapporté récemment qu’Apple aurait réfléchi à faire une offre sur la société et que nombre des investisseurs historiques sont anglo-saxons. Lors de sa dernière augmentation de capital, en juin 2024, Mistral AI avait été valorisé un peu moins de 6 milliards d’euros. A 11,7 milliards d’euros, le groupe reste loin des valorisations affichées par OpenAI ou même Anthropic mais il s’affirme comme un leader européen.
A lire aussi : Les gigantesques levées dans l'IA peuvent compter sur les grands institutionnels
Plus d'articles du même thème
-
La FAO mobilise des investisseurs pour renforcer les systèmes agricoles vulnérables
L’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation a collecté plus de 20 milliards de dollars pour renforcer les systèmes agricoles des communautés les plus vulnérables, dont certaines seront affectées par le phénomène El Niño. -
Les emprunts d’Etat retrouvent des vertus d’actif refuge
La correction sur les marchés actions, en raison des craintes entourant certains pans de la tech, a entraîné une fuite des investisseurs vers la qualité et une détente sur les marchés de taux. Le niveau de portage offre une protection, mais pour tenir ces positions il faut accepter une volatilité qui va rester élevée. -
Circet échoue dans son plan de refinancement de 3 milliards d’euros
Le groupe d’infrastructures télécoms et énergétiques a suspendu une opération de refinancement de sa dette destinée à accompagner le renouvellement de son actionnariat.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
ConseilL’IA est une révolution organisationnelle, pas que technologique
Faute de repenser leur gouvernance face aux nouveaux outils, sept dirigeants sur dix refusent de moderniser leurs structures et menacent la productivité des entreprises -
Explosif, ou pas17 octobre : derrière la mobilisation virtuelle, le flou du terrain
Portée par les réseaux sociaux et la colère lycéenne, la journée du 17 octobre promet une convergence des mécontentements, mais l’ampleur réelle de la mobilisation reste difficile à mesurer -
My money backL’ombre de Marine Le Pen sur le budget européen
La présidentielle française crée une pression sur le calendrier des discussions devant aboutir à la prochaine trajectoire financière de l’UE