DNCA prêt pour un nouvel envol sous l'aile de Natixis

le 24/09/2015 L'AGEFI Hebdo

La société de gestion prévoit d’atteindre les 30 milliards d’euros d’encours d’ici cinq ans. Soit un quasi-doublement.

DNCA prêt pour un nouvel envol sous l'aile de Natixis
Eric Franc, directeur général, Jean-Charles Mériaux, président, et Joseph Châtel, cofondateur de DNCA Finance.
(rea)

DNCA Finance (DNCA) prend un nouvel élan. Sous l’impulsion de son actionnaire Natixis Global Asset Management (NGAM), filiale de Natixis entrée en juin à 71,4 % du capital avant d’en prendre l’intégralité à terme, la société de gestion voit grand. DNCA, dont les actifs ont plus que triplé au cours des deux dernières années, prévoit d’atteindre quelque 30 milliards d’euros d’encours d’ici cinq ans. Soit un quasi-doublement par rapport aux 17 milliards d’euros à fin juillet 2015. « L’adossement à Natixis (groupe BPCE) va nous permettre de capitaliser sur sa capacité de distribution internationale. Déjà implantés en France, en Italie, en Allemagne et au Benelux, nous mettons aujourd’hui un accent prioritaire sur l’Espagne et la Suisse, où nos produits viennent d’être agréés, déclare Eric Franc, directeur général de DNCA. Parmi les autres assises de Natixis, nous constatons une grosse appétence pour notre offre en Amérique latine, ainsi qu’un vif intérêt en Grande-Bretagne et en Asie. »

Se développer à l’international prend du temps, mais DNCA a bénéficié de l’arrivée en 2006 de Banca Leonardo à son capital. La banque lui a offert une entrée accélérée sur le marché italien, qui représente aujourd’hui près d’un tiers de ses encours. « Le positionnement mondial de Natixis va de même nous permettre de faire un considérable bond en avant hors de France », estime le dirigeant, précisant que la France pèse aujourd’hui 10 milliards d’euros au sein des encours.

Les interactions avec le nouvel actionnaire ne devraient pas s’arrêter là. « Nous avons également de grosses ambitions avec les réseaux BPCE. Nous pensons qu’à un moment où les assureurs éprouvent de plus en plus de difficultés, dans le contexte actuel de taux bas, à vendre des produits en euros, notre offre, avec des fonds tels qu’Eurose ou Miura, constitue une réponse intéressante, permettant de coupler performance régulière et faible volatilité », juge Eric Franc. Le fonds phare Eurose (diversifié patrimonial) et le véhicule Miura (absolute return) ont ainsi dégagé des performances annualisées de 6,4 % et 4,05 % sur cinq ans pour des volatilités de respectivement 4,76 % et 4,58 % à fin juin.

A la conquête des institutionnels

Parmi les autres leviers de croissance, DNCA entend faire évoluer la répartition de sa clientèle. « Notre objectif est de développer la part de notre activité auprès des institutionnels, de l’ordre de 30 % aujourd’hui en France à 50 % à terme », annonce le directeur général. DNCA réalise aujourd’hui 70 % de son activité dans l’Hexagone via des conseillers en gestion de patrimoine, des banques privées ou des plates-formes d’assureurs.

Alors que la quasi-intégralité de l’offre passe par de la distribution auprès des particuliers en Italie, DNCA souhaite également se rapprocher à l’international de la clientèle institutionnelle. « Nous allons pour ce faire nous doter des outils adéquats et avons lancé une procédure de certification de nos produits auprès de cette clientèle. Nous allons améliorer notre approche dans le domaine des appels d’offres, sans pour autant brader notre gestion », explique Eric Franc, ajoutant par ailleurs pouvoir miser sur le vivier de clientèle, très institutionnelle, de NGAM.

L’adossement à Natixis constitue le troisième changement de mains pour DNCA. Créée en 2000, la société, contrôlée par ses fondateurs et ses salariés, passe dans le giron de Banca Leonardo avant d’être reprise par un fonds. « La période 2011-2015, marquée par l’entrée de TA Associates comme actionnaire, nous a permis de mieux nous structurer et d’ouvrir notre capital à nos collaborateurs. Mais le sujet de sortie automatique des fonds au bout d’une période de cinq ans nous a conduits à ne pas vouloir renouveler l’exercice et à nous tourner vers un vrai partenaire industriel », commente Eric Franc. Par ailleurs, « la structure unique de NGAM, qui repose sur un modèle multi-affiliés, nous offre une totale indépendance, contrairement à d’autres structures bancaires où DNCA risquait d’être fondu dans le groupe et de subir l’ingérence de l’actionnaire », estime-t-il.

S’il juge aujourd’hui l’offre de DNCA assez complète, « nous continuerons à nous montrer opportunistes si une belle équipe de gestion se présente à nous », déclare Eric Franc. DNCA a élargi sa gamme au fil des recrutements. L’arrivée en 2007 d’Isaac Chebar a ainsi étoffé l’offre d’un fonds gestion actions européennes, celle en 2009 de Cyril Freu d’un fonds absolute return. En 2010 et 2012, les recrutements de Rajesh Varma et Carl Auffret se sont accompagnés des lancements respectifs de fonds actions marchés émergents et valeurs européennes de croissance.

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