Un an après ses débuts sur le marché en pleine ébullition des ETF actifs, le gérant néerlandais Robeco cote ce jour sur Euronext Amsterdam un nouveau véhicule. Il s’agit d’un ETF obligataire – le premier de sa gamme jusqu’ici composée de 5 ETF actions – qui cible les obligations souveraines européennes, en surpondérant les Etats les mieux-disants en matière de climat. L’ETF Climate Euro Government Bond, qui affiche des frais de 12 points de base, a été conçu en collaboration avec la banque privée d’ING et le fournisseur d’indices FTSE. « C’est un produit qui a vocation à être utilisé comme une allocation de cœur de portefeuille en obligations d'État en euros, explique à L’Agefi Nick King, responsable des ETF chez Robeco. Tout en favorisant les investissements dans les pays les mieux positionnés en matière de transition climatique, nous devons donc maintenir un profil rendement-risque proche de celui de l’univers de départ. »
Pour concilier ces deux objectifs financiers et extra-financiers, le gérant a mis au point un process de gestion en deux étapes. Un indice sur-mesure a tout d’abord été créé sur la base d’indicateurs climatiques fournis par Ascor (Assessing Sovereign Climate-Related Opportunities and Risks), une base de données dédiée aux émetteurs souverains et conçue par une coalition d’investisseurs internationaux. Cet indice fait la part belle aux Etats qui ont les objectifs de décarbonation les plus ambitieux, qui mettent en place des politiques pour les atteindre (législations, système de tarification du carbone, stratégie de sortie des énergies fossiles) et qui démontrent une baisse effective des émissions de carbone. Le poids de ce dernier pilier sera progressivement augmenté au cours du temps. Mais « renforcer ne serait-ce qu’un peu les pondérations en faveur des pays ayant de meilleurs résultats sur le plan climatique se traduit par à un portefeuille qui s’écarte sensiblement de la duration et du rendement moyens du marché des obligations souveraines en euros, souligne Nick King. Nous ajoutons donc une étape d’optimisation du portefeuille pour aboutir au même score climatique que l’indice mais en réalignant son profil financier sur celui de l’univers. » Ce sont les équipes de gestion obligataire quantitative de Robeco qui apporte cette couche active à ce portefeuille de 60 titres.
Bien qu’assez concentré, cet ETF offre une transparence quotidienne sur sa composition, tout comme les cinq autres produits déjà lancés par Robeco. Les régulateurs autorisent pourtant depuis peu les gérants à déroger à cette règle de base du marché des ETF. Une option saisie la semaine par Fidelity, l’ancienne maison de Nick King. Même si aucun projet n’est en cours, ce dernier n’exclut pas, à terme, un tel développement chez Robeco. « La notion de transparence pour les ETF a plusieurs dimensions qui vont au-delà de la seule transparence du portefeuille sous-jacent, met en avant l’expert. C’est un véhicule qui offre aussi une transparence sur les frais et sur les prix, grâce à la cotation tout au long de la journée. Pour certaines stratégies plus concentrées ou impliquant une plus forte rotation des portefeuilles, la semi-transparence peut permettre de protéger la propriété intellectuelle des asset managers et, par ricochet, les clients qui paient pour y avoir accès. Si cela permet d’élargir le type de stratégies offertes, c’est une bonne chose pour le marché. »
Robeco gère à ce jour environ 400 millions d’euros sous forme d’ETF.
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27 août 2026 à 7:03 AM
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Vincent Barret
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