Michèle Pappalardo : «On veut davantage un effort de résultat !»
Ce mois-ci, c’est Mathilde Castagna qui était en déplacement. Elle a rencontré Michèle Pappalardo, la présidente du comité du label ISR pour faire le point sur la nouvelle version entrée en vigueur le 1er mars dernier. L’enjeu est de taille : 1.229 fonds sont actuellement labellisés, pour un peu moins de 790 milliards d’euros d’encours. «Le label n’avait pas été changé depuis 2016. En matière de finance durable, c’est la préhistoire ! a relevé la présidente de son comité. A l’époque, on voulait surtout un effort de transparence, désormais on veut davantage un effort de résultat sur les démarches !».
A lire aussi : Patrimoine Online, l’émission des CGP à Lyon – Mars 2024
Michèle Pappalardo est revenue sur les principaux changements de cette nouvelle version, plus nombreux que l’exclusion des énergies fossiles qui a tant fait parler. «Nous avons exclu d’autres types d’entreprises, comme celles qui ne respectent pas un certain nombre de textes de droit social et humain, qui sont présentes dans des paradis fiscaux ou bien encore celles de l’industrie du tabac», a-t-elle notamment cité.
Cette nouvelle mouture étant plus exigeante, les gérants devront redoubler d’efforts pour obtenir et même maintenir leur labellisation. Une étude de Morningstar publiée en novembre dernier évaluait à 45% le nombre de fonds labellisés ISR exposés au pétrole et au gaz.
Rien d’inquiétant pour Michèle Pappalardo : cela ne représenterait qu’environ 1% de la capitalisation des fonds labellisés ISR. «Le plus compliqué, ce sont toutes les autres nouvelles exigences auxquelles les sociétés de gestion doivent s’adapter. Nous avons notamment renforcé les exigences sur les plans de transitions d’entreprises».
Mais la présidente du label le sait : toutes n’iront pas chercher le label «nouvelle version». «Nous perdrons probablement des fonds labellisés, mais on espère entrainer la grande majorité des fonds pour se mettre à niveau du référentiel niveau trois», avance la présidente.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
Carlos Araujo (Allianz France) : « On risque de devoir prendre plus d'estimations de fournisseurs de données »
Directeur de l'investissement durable et de la conformité chez Allianz France, Carlos Araujo Blanco intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Il revient en vidéo sur la révision de la réglementation SFDR, le traitement des obligations d'Etat et les conséquences de l'allègement de la CSRD. -
Marie Marchais (FIR) : « Nous avons voulu que la méthode Voice soit pratique »
Marie Marchais, responsable de la plateforme Engagement du Forum pour l’investissement responsable (FIR), s’est exprimée lors de l’Institutional Day organisé le 30 juin dernier par L’Agefi. Elle a notamment détaillé la première version de la méthode Voice ainsi que la perception des entreprises françaises sur l’engagement actionnarial. -
Jacques Darcy (FEI) : "Plus de pédagogie est nécessaire auprès des investisseurs institutionnels sur la titrisation"
A l'occasion de l'Institutional Day du 30 juin dernier, notre invité Jacques Darcy, le Directeur régional France et Suisse du Fonds européen d'investissement, a souligné l'utilité de la titrisation pour financer l'économie réelle. -
Julia Bertuzzi (Abeille Assurances) : « En Europe, les institutionnels restent positionnés sur l'ESG »
Analyste investissement et ESG chez Abeille Assurances, Julia Bertuzzi intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Elle revient sur l'anticipation de la révision du SFDR, la politique d'engagement actionnarial de l'assureur et la résistance de l'ESG en Europe. -
Louis Sallot des Noyers (Apicil) : « Nous nous sommes mis à Spire en début d'année »
Directeur des investissements d'Apicil, Louis Sallot des Noyers intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Il détaille sa stratégie obligataire, entre diversification des émetteurs, recours aux structures de «repackaging» et politique d'investissement responsable.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Pot de fleurPourquoi l'armée égyptienne ne réagit pas à la menace houthie sur le canal de Suez
Les Houthis, après leurs récentes avancées, ont plus que jamais la possibilité de perturber le trafic du canal de Suez, qui est une source majeure de revenus pour l'Egypte -
Vertige« On va dans le mur » : la France dans la tenaille des taux d’intérêt
L’ensemble des taux d’intérêt mondiaux grimpe depuis des mois. Mais ceux de la France plus vite encore, résultat de la méfiance qu’elle inspire aujourd’hui sur les marchés -
EditoDette française : la spirale fatale des marchés
La vitesse à laquelle dérapent les taux infligés à la France est le signe que nos prêteurs sont en train de perdre patience envers un pays qui ne respecte jamais ses engagements et qui entre dans l’inconnu d’une campagne présidentielle aux forts relents d’irrationnel