«2030 Investir demain» : Faut-il regarder vers la Chine ?
Dans le cadre du Think Tank “2030 Investir demain”, Claire Martinetto, présidente du directoire d’ECOFI, et Bertrand Badré, fondateur et managing partner de Blue Like an Orange Sustainable Capital, décryptent les prises de conscience nécessaires pour pouvoir poursuivre efficacement un développement durable.
Interrogée sur les conséquences de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, Claire Martinetto a déclaré: “On ne peut plus se contenter de compter sur des actions menées par des politiques mais il faut mobiliser un écosystème beaucoup plus large pour pouvoir aller dans la bonne direction et à la bonne vitesse”.
Estimant que Donald Trump n’est pas la cause du changement de perception vis-à-vis des enjeux ESG, mais en est un des symptômes, Bertrand Badré a précisé de son côté que c’est la prise de conscience de la complexité de ces questions qui est la cause du scepticisme ambiant. «Il faut reconnaître que les tensions géopolitiques s’imposent à nous, que les questions de défense s’imposent à nous, que la manière de faire face au déferlement de l’IA s’impose à nous. Et il ne faut pas dire ‘ma priorité est plus prioritaire que les autres’. Comment est-ce qu’on recrée un discours qui intègre cette nécessité de faire face à cette transformation environnementale et sociale sans négliger les autres priorités”.
Le fondateur de Blue Like an Orange Sustainable Capital nous invite à regarder à l’Est pour trouver de nouveaux chemins possibles : “La Chine a ce paradoxe intéressant c’est qu’ils sont à la fois au cœur du problème et au cœur de la solution”. Ils sont en effet dans le même temps les premiers pollueurs et en train d'être les premiers à adopter les nouvelles normes (ESG). «Et cette évolution a été possible car le pays a accepté de transformer son économie, insiste Bertrand Badré. En Europe, nous sommes très en retard par rapport aux objectifs de développement durable (...) parce que cela nécessite des choix stratégiques qui entraînent toute l’économie”. Ceci implique que les entreprises comme les investisseurs soient pleinement impliqués.
Fonctionner en réseau
Si les investisseurs historiquement engagés maintiennent le cap, il est en revanche plus difficile aujourd’hui de convaincre de nouveaux acteurs de renforcer leur démarche ESG. En tant qu’asset manager, ECOFI continue d’investir dans des entreprises déployant une politique vertueuse en matière de développement durable, avec un point d’attention particulier: «Si on ne fonctionne pas en réseau si on ne s’allie pas avec d’autres acteurs, qu’ils soient publics, privés, collectivités locales ou investisseurs, on peut difficilement relever les défis, et construire une vraie résilience et performance”, souligne Claire Martinetto. Pour illustrer son propos, la présidente d’ECOFI a cité une belle initiative menée dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, celle des micro-crèches Tom & Josette créées au sein des résidences seniors.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
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