Serge Demirdjian : «Le label ISR n’était plus adapté à notre gestion thématique»
Le co-gérant de Sofidy Sélection 1 revient sur les raisons de l’abandon du label ISR en début d’année et explique comment il veut profiter des écarts de dynamiques économiques entre les pays européens.
Le fonds commun de placement de Sofidy, qui investit dans les foncières cotées européennes, a bouclé sa première décennie en grande pompe l’année dernière. Pour l’occasion, il a réussi à damer le pion à son indice de référence, l’Epra Eurozone (2,63% contre -3,69%).
Invité du dernier Patrimoine Online, son co-gérant, Serge Demirdjian, reconnait toutefois une performance «satisfaisante comparée à l’indice mais insatisfaisante en absolu». Il l’explique par une forte correction «le dernier mois et demi de 2024» : «L’élection de Donald Trump a rebattu les cartes et réintégré du doute sur l’orientation à venir des taux d’intérêt, provoquant une baisse de l’immobilier en Europe», explique-t-il. Revenant aux fondamentaux d’un fonds actions, il invite à prendre du recul et à analyser Sofidy Sélection sur un temps long. «En 10 ans, la part a gagné 55 points après frais de gestion contre 35% pour l’indice», souligne-t-il.
Serge Demirdjian explique cette surperformance par le choix de se porter sur l’immobilier alternatif tel que la logistique, peu présente dans l’Epra Eurozone. Pour autant, 8 des 10 principales positions du fonds et de l’indice sont communes. «Nous sommes absents de 16 lignes sur 39 qui composent l’indice et 18% de notre portefeuille est investi dans des sociétés qui ne sont pas dans l’indice comme les data centers», répond-il.
Le gérant est également revenu sur la décision de son équipe de renoncer au label ISR pour Sofidy Sélection 1. Il accuse la nouvelle mouture du référentiel, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, de l’avoir rendu trop «contraignant» : «Conserver le label nous aurait conduit à faire des choix orientés uniquement sur l’amélioration ISR du fonds, parfois au détriment de la performance financière, ce que nous n’étions pas prêts à faire dans l’intérêt de nos porteurs. Il aurait fortement réduit notre univers de gestion et introduit des biais vers les plus grandes capitalisations, aux dépens des plus petites», justifie-t-il.
Pour 2025, Serge Demirdjian se veut forcément optimiste et avance que les cours de bourse des foncières cotées sont actuellement inférieurs de 30% à leurs actifs nets réévalués. Un «point d’entrée attractif», souligne-t-il. Ses convictions restent sur l’immobilier alternatif, là où il peut trouver du «pricing power, c’est-à-dire la capacité à pouvoir augmenter les loyers à la fin du bail». La diversification géographique pourrait également s’accentuer. «Les différences de dynamiques économiques entre pays européens s’accroissent bien plus qu’auparavant», témoigne-t-il. Son regard porte notamment sur l’Europe de l’Est mais également sur des économies telles que l’Espagne et l’Allemagne.
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