Les unités de compte ne font pas mieux que le fonds en euros depuis cinq ans
La chasse aux frais sur les unités de compte ne fait que commencer. Selon une étude statistique publiée cette semaine par France Assureurs, les unités de compte (UC) ont servi en moyenne 2,09% de rendement sur la période 2017-2022. Une performance à peine supérieure au fonds en euros qui affichait un rendement moyen de 2% sur la même période.
Pour la seule année 2022, les supports en unités de compte servaient un rendement négatif de −11,2% (brut des frais des contrats en UC et nette des frais courants des fonds), alors que le rendement atteignait 10% un an auparavant. Un passage à vide découlant de rendements négatifs enregistrés sur les segments actions (-7,4%) et fonds à allocation d’actifs (-3,7%), mais aussi des produits obligataires (-1,2%).
Mais si le retournement des marchés financiers et la remontée des taux peuvent expliquer la contreperformance enregistrée en 2022, ils ne justifient pas à eux seuls l’absence de surperformance des UC. Les frais appliqués depuis des années sur ce type de support affectent également la performance. A ce sujet, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a annoncé un peu plus tôt dans l’année se lancer dans une «chasse aux frais sur les unités de compte peu performantes». Un coup de semonce du superviseur suivi rapidement par des propositions de France Assureurs qui souhaite garantir une «meilleure transparence, assortie d’une modération des frais sur UC en assurance-vie».
A lire aussi : Le fonds euro bat les unités de compte pour la poche non risquée de l’assurance vie
A ce sujet, en 2022, le taux des frais courants des fonds s’élève à 1,57% en moyenne pondérée par les encours, selon le rapport de la fédération. Les frais de gestion moyens sur encours des contrats sont, quant à eux, estimés à 0,79% en moyenne, sachant que la performance moyenne des UC calculée par France Assureurs s’entend nette des frais des fonds, mais avant frais de gestion du contrat. Dans le détail et en termes de répartition du marché, ces frais de gestion du contrat sont supérieurs à 0,95% pour 10% des encours. Ils sont d’environ 0,83% pour 50% d’entre eux et atteignent 0,66% pour 10% du marché uniquement.
France Assureurs ne distingue pas les différents modes de gestion, bien que les frais appliqués varient en fonction de ce dernier. En 2023, les frais appliqués aux UC en gestion flexible s’élèvent en moyenne à 2,13% et pour la gestion profilée, ils atteignent 1,85% en moyenne, selon le cabinet Facts & Figures, spécialisé en stratégie et en management sur le secteur de l’assurance.
Une tendance intacte
Dans la course à la collecte, les assureurs vie n’ont pas hésité ces dernières années à promouvoir la distribution d’unités de compte. Et ce, malgré le retournement des marchés post-crise sanitaire et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ainsi, le marché français de l’assurance vie en UC clôture l’année avec un niveau de cotisation de 57,9 milliards d’euros, soit un montant stable sur un an et deux fois supérieur à celui connu en 2016.
Mais la tendance ne devrait pas changer selon Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures : «La collecte sur les UC ne va pas ralentir. Le rendement du fonds en euros est nettement inférieur à l’inflation. L’épargnant va continuer à aller sur les UC afin de capter de la performance pour combattre l’inflation».
A lire aussi : Face au Livret A, l’assurance-vie touchée mais pas encore coulée
Sur l’année 2022, les transferts des fonds euros vers les UC ont été positifs, pour un montant de 7,4 milliards d’euros. «L’assurance vie concerne aujourd’hui la plupart du temps des épargnants patrimoniaux, qui ont selon moi, tout à gagner à identifier une UC performante sur le marché et à miser fortement dessus». Les unités de compte représentent aujourd’hui près de 40% des cotisations reçues par les assureurs chaque année.
Plus d'articles du même thème
-
Les résultats d’Axa sont portés par l’activité vie au premier semestre
L’assureur français voit sa croissance ralentir en dommages mais accélérer en vie santé sur les premiers mois de l’année. Son résultat opérationnel a progressé de 9%, à 4,5 milliards d’euros, et son chiffre d’affaires de 5%, à 66,3 milliards d’euros, sur le semestre. -
Les inquiétudes remontent d’un cran sur les obligations de la tech
La baisse des actions des hyperscalers s’est doublée récemment d’une forte remontée du risque sur le crédit de ces émetteurs liés à l’IA. Ces inquiétudes se manifestent notamment via un écartement des spreads et une envolée des rendements des protections «credit default swaps» (CDS). -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Les CGP sont fixés sur les règles du conseil en cryptoactifs
- Le CME relance les futures sur actions individuelles pour séduire les particuliers
- Bain Capital et Carlyle se disputent le contrôle du gestionnaire américain Wealth Enhancement
- Forum Immobilier & Finance 2026 : un frémissement prometteur pour le marché ?
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle