Le fonds euro bat les unités de compte pour la poche non risquée de l’assurance vie
C’est un constat qui vient relativiser une croyance établie dans l’assurance vie. «La prise de risque sur les unités de compte (UC) n’est pas payante pour toutes les classes d’actifs», affirme ainsi le baromètre 2021 de l’Epargne vie individuelle produit par le cabinet de conseil spécialisé en assurance Facts & Figures. Dans l’analyse sur 10 ans qu’il propose à partir des chiffres qu’il a compilés, la performance annuelle moyenne nette de frais des UC est de 3,23%, contre 2,08% pour celle des fonds en euros. «La prise de risque est peu valorisée sur la période», résume le cabinet, qui souligne que seuls 5 classes d’actifs sur 10 ont dépassé les 3% par an en moyenne : les obligations high-yield internationales (3,4%), la gestion profilée agressive (3,9%), les actions Europe (5,6%), France (5,7%) et internationales (7,6%).
Au contraire, une analyse de 2016 à 2021 démontre «une non-rentabilisation de la prise de risque sur les unités de compte pour tout un ensemble d’actifs, notamment celles où la prise de risque est trop faible pour générer un effet de levier». Alors que les fonds en euros classiques obtiennent une performance annuelle moyenne de 1,5% sur cette durée, la gestion profilée prudente ressort à 0,5%, la gestion flexible à 1,1% et les obligations Europe Moyen Long Terme à 1,3%.
En outre, à l’image des PER, les frais pèsent sur les unités de compte. Ainsi, le cabinet indique des niveaux moyens de rétrocession sur les UC référencées en assurance vie de 0,73% sur les UC gestion profilée ou flexible, 0,80% pour les UC actions et 0,47% sur les UC obligations.
Concernant les fonds euros classiques, Facts & Figures évalue leur rendement à 1,08% en 2020 (la différence avec les 1,3% relevés la même année par la Fédération française de l’assurance provient de l'échantillon pris en compte). Et celui-ci baisse une fois net d’inflation et de prélèvements sociaux à 0,4%. Des associations et mutuelles occupent les cinq premières places des meilleurs rendements servis l’année passée (Garance prend la première place avec 2,75%) alors que des contrats fermés de bancassureurs notamment ont participé à établir un socle bas à 0,5%.
«Pour 2021, Facts & Figures positionne à ce jour l’hypothèse d’un taux moyen servi sur les fonds en euros classiques de contrats d’assurance-vie individuels à 0,90%», précise le baromètre, qui parvient à cette estimation à partir de la corrélation avec le taux de l’OAT à 10 ans.
Augmentation des UC dans la collecte brute
Si les frais pesant sur les unités de compte intéressent tant, c’est que leur poids dans l’assurance vie ne cesse d’augmenter. Certes, tous les segments ont connu une collecte brute en berne dans l’épargne individuelle : -33% pour la gestion privée (22,2 milliards), minée par le manque de contact avec le client, devant l’épargne standard avec -18% (35,3 milliards) et l’épargne patrimoniale avec -17% (45,2 milliards). «Plus on monte en gamme plus la collecte brute chute à cause du confinement», détaille Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.
Mais l’enseignement est plutôt qualitatif, avec un taux d’unités de compte moyen qui a atteint 34,5% en moyenne dans la collecte. L’épargne gestion privée passe ainsi de 29,3% à 41,4% et l’épargne standard de 19,8% à 24%. Au total le taux d’UC dans les encours atteint 22,8% à 407 milliards d’euros.
Cela n’a pas été sans conséquence sur la collecte nette. Pour la première fois depuis 2012, le marché a enregistré une collecte négative, de 7 milliards d’euros. Précisément, en épargne individuelle, les segments de l’épargne patrimoniale et de la gestion privée sont légèrement positifs en 2020 (2,6 milliards et 1 milliard) et l’épargne standard ressort à -10 milliards d’euros. Si bien que, pour la première fois dans l’histoire de l’assurance vie, les encours d’épargne standard ont reculé en 2020, à 780 millions d’euros.
Finalement, l’épargne grand public ne pèse plus que 47,3% des encours d’assurance vie fin 2020 contre 40% pour l’épargne patrimoniale et 12,7% pour la gestion privée. «Les assureurs s’orientent de plus en plus vers une clientèle aisée plus en capacité de prendre du risque. En conséquence, au fur et à mesure des années, les encours d’épargne grand public diminuent», analyse Cyrille Chartier-Kastler.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA. -
Les banques du Golfe Persique émettent toujours plus de dettes
La banque dubaïote Emirates NBD Bank PJSC a réussi mardi une émission de dette subordonnée AT1 et rouvert ce marché « risqué » qui était fermé depuis le début de la guerre en Iran. Un marché en plein essor.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet