L’opacité règne sur les frais des plans d’épargne retraite
L’accumulation des frais des plans d’épargne retraite (PER) n’a rien à envier à celledes régimes spéciaux de retraite. « Les frais des PER individuels assurances (…) sont nombreux (…) et cette accumulation de frais pèse sur les rendements des contrats a fortiori dans un environnement de taux bas », constate ainsi la présidente du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) dans son rapport sur les frais et informations tarifaires de ce dispositif. Missionnée par Bruno Le Maire, Corinne Dromer dresse le paysage tarifaire des PER individuels à l’aide d’un groupe de travail créé par le CCSF et de Sémaphore Conseil qui a examiné les frais à partir de la notice d’information du PER assurance ou des conditions générales du PER compte titres et de l’annexe financière de 34 PER assurance et 2 PER compte titres entre décembre 2020 et mai 2021. « Les frais de gestion cumulés (assureur + société de gestion), pour un contrat investi à 100 % en UC sous‑jacentes en actions s’élèvent à un total annuel total annuel de 2,75 % (minimum 1,30 % et maximum 4,8 %) auxquels viennent s’ajouter, le cas échéant, les autres frais (sur versement, d’arbitrage, etc.) », illustre par exemple le rapport. « Pour l’épargnant qui a opté pour une déductibilité des versements, le gain fiscal efface, en apparence, l’impact négatif des frais sur le rendement brut », précise le CCSF dans un communiqué. Le rapport souligne aussi que l’information sur ces frais reste peu accessible sur les sites internet des nouveaux établissements : « Sur les 28 sites internet, seuls sept d’entre eux, soit 25 % du panel, donnent la possibilité de télécharger la notice qui est le document contractuel au sein duquel un épargnant peut visualiser l’ensemble des frais « assureurs » tels que définis plus en amont dans le présent rapport ».
Trois recommandations
En conséquence, le rapport du CCSF propose trois recommandations. Deux concernant la disponibilité des informations avec l’accès à une information complète sur les frais avec la souscription disponible pour tous et l’affichage des frais totaux alors que le relèvement d’information annuel envoyé à l’épargnant ne dispose jamais de la somme des frais de gestion. Enfin, il propose de permettre une comparabilité des offres. Si l’absence d’information tarifaire directement accessible sur les produits d’assurance-vie et les PER empêchent pour le moment l’élargissement de l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) aux frais d’assurance-vie, remédier à cette absence permettrait la mise en place d’un comparateur public.
Plus d'articles du même thème
-
L'assurance vie flirte avec les sommets depuis le début de l'année 2026
Les Français continuent d’alimenter massivement leurs contrats d’assurance vie avec une collecte nette de 28,7 milliards d’euros à fin mai 2026 et ce, malgré l’incertitude politique sur la fiscalité à moins d’un an de la présidentielle. -
EXCLUSIFJean-Bernard Ott devient directeur des investissements de la CAVP
L’actuel responsable allocation et politique ESG de la Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens succède à Alain Pestre qui prend sa retraite à la direction des investissements. -
La Caisse réunionnaise de l’Agirc-Arrco lance un appel d’offres
La Caisse Réunionnaise de Retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco recherche un prestataire pour l’accompagner dans la gestion de son portefeuille.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français