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ABS européens : un changement générationnel d’allocation ?
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Les investisseurs institutionnels ont été largement tenus à l’écart des marchés des titres adossés à des actifs (ABS) pendant près de vingt ans.
Les allocations aux ABS ont été freinées par une exigence réglementaire élevée de fonds propres sur ces actifs et par une multitude de formalités administratives qui, ensemble, ont rendu cette classe d’actifs peu attrayante pour les investisseurs institutionnels.
Ces obstacles ont découragé les investisseurs institutionnels conscients de la capacité des ABS à préserver la valeur et à générer des rendements supérieurs à ceux des obligations d’entreprises de notation équivalente.
Mais le paysage des ABS est sur le point de changer. Consciente de la nécessité de relancer la compétitivité dans l’ensemble de l’UE, la Commission européenne a proposé des mesures visant à orienter l’épargne des ménages vers des investissements productifs, les ABS figurant en tête de liste.
Les assureurs devraient ressentir les avantages de cette initiative de la Commission dès le début de l’année 2027, leur permettant de participer à un marché dont la taille devrait doubler d’ici la fin de la décennie.
La titrisation à la peine depuis la crise financière mondiale
Le marché européen de la titrisation peine à retrouver son équilibre depuis que la crise financière mondiale a provoqué un effondrement des émissions.
Avant la crise, les émissions s’élevaient à un niveau satisfaisant de 300 à 500 milliards d’euros par an, mais depuis, elles plafonnent en moyenne à 150 milliards d’euros par an. Cette situation s’explique d’une part par une perte de confiance des investisseurs et d’autre part par la réponse réglementaire post-crise, qui a délibérément étouffé le marché.
Dès 2019, des efforts ont été déployés pour rétablir la réputation de la titrisation. Le règlement européen sur la titrisation (SECR) a introduit le label « simple, transparent et standardisé » (STS) afin de promouvoir les titrisations de haute qualité, en particulier les ABS de premier ordre et les titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles (RMBS, pour Residential Mortgage-Backed Securities). L’objectif du label STS était de renforcer la confiance des investisseurs tout en offrant un traitement réglementaire et prudentiel allégé.
Mais les réformes n’ont pas été suffisamment poussées et les émissions sont restées modérées.
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