Oddo & Cie boucle une année 2015 record après ses achats en Allemagne
Avant même son OPA sur BHF-Kleinwort Benson, Oddo & Cie a bien entamé sa transformation. Alors que cette acquisition va lui permettre de doubler de taille, la banque parisienne a annoncé hier un résultat net record de 91,7 millions d’euros en 2015, contre 54,1 millions un an plus tôt. Soit un bond de 70%. Le produit net bancaire (PNB) atteint aussi un niveau inégalé, à 426 millions d’euros (+36%). En 2012 et 2013, il atteignait seulement 300 millions d’euros. Depuis, le groupe a mené plusieurs opérations de croissance externe, mais la hausse du PNB en 2015 résulte, pour «environ la moitié», de la croissance organique, assure Oddo dans son communiqué.
L’an dernier, le groupe a confirmé son virage allemand en rachetant la banque d’investissement Seydler Bank puis la société de gestion Meriten Investment Management. Désormais, «25% des revenus du groupe sont basés en Allemagne», assure Philippe Oddo, associé-gérant de la banque, dans la plaquette de résultats diffusée sur son site Internet. Il y présente Oddo comme un «groupe financier indépendant franco-allemand» sans «aucun équivalent». Un quart des effectifs du groupe travaille outre-Rhin et cette dynamique va s’accentuer avec BHF-Bank : le nouvel ensemble compte 2.500 salariés, dont 1.400 en Allemagne.
Il affiche aussi 100 milliards d’actifs gérés. A fin 2015, Oddo revendique 47 milliards d’euros d’encours dans son pôle de gestion d’actifs rebaptisé Oddo Meriten Asset Management, ainsi que 6 milliards en banque privée. Si le groupe ne communique pas la collecte de cette dernière, sa société de gestion «a enregistré des souscriptions nettes de 1,7 milliard d’euros» détaille Oddo à L’Agefi, dont 900 millions réalisés en Allemagne et 800 millions dans le reste de l’Europe», sans préciser la performance de la France.
Au total, le pôle de gestion d’actifs (gestion pour compte de tiers, banque privée et sous-traitance de back-office) a vu son PNB progresser de 37%, à 246,6 millions d’euros. La banque d’investissement a connu une progression similaire (36%), à 152,3 millions d’euros. «Toutes les lignes d’activités sont rentables, y compris dans la banque d’investissement», assure Oddo. Reste à savoir si cette dynamique durera compte tenu du coût du rachat de BHF-Bank, financé pour partie à crédit, et de la faible rentabilité de la banque allemande.
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