VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification

VanEck mise sur un pari à long terme en lançant un ETF dédié aux infrastructures électriques mondiales, à l’heure où l’explosion de la demande liée à l’IA créent un goulet d'étranglement.
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VanEck annonce le lancement du VanEck Electrification and Power Infrastructure UCITS ETF, un véhicule indiciel coté répliquant le MarketVector Electrification Index.

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Le fonds, coté en Bourse, investit à l'échelle mondiale dans des entreprises actives sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l'électrification : batteries et stockage d'énergie, électrification industrielle et gestion de l'énergie, infrastructures de réseau et connectivité, services publics et producteurs indépendants d'électricité.

Les frais s'établissent à 0,55 %. L’indice comprend actuellement 25 entreprises, avec une pondération individuelle plafonnée à 8 %, les sociétés devant générer au moins 50 % de leurs revenus dans l’un de ces segments pour être éligibles.

Par ailleurs, l’indice exclut délibérément les entreprises générant 50 % ou plus de leurs revenus à partir de la production, du transport ou de la distribution d'électricité renouvelable. L’ETF n’est pas un fonds d'énergie propre, il cible l’infrastructure physique qui rend possible toute transition énergétique, quelle qu’en soit la source.

« Portée par les centres de données, l’intelligence artificielle, la mobilité électrique et l’électrification des processus industriels, la demande mondiale d’électricité est en hausse. Les infrastructures énergétiques modernes représentent donc un avantage concurrentiel clé et un facteur fondamental de prospérité à long terme. » explique Martijn Rozemuller, CEO de VanEck Europe.

Un mur d’investissement structurel, pas conjoncturel

Le cas d’investissement repose sur un écart considérable entre les besoins et les flux actuels. « Les investissements mondiaux dans les réseaux électriques devraient dépasser 1 500 milliards USD par an jusqu’aux années 2050, bien au-delà des 533 milliards USD actuellement investis chaque année », explique Alessandro Valentino, Product Manager chez VanEck.

En Europe, la réalité physique est brutale. 40% des actifs de distribution ont plus de 40 ans construits dans les années 1970-1980 pour un système centralisé, pilotable et prévisible, d’après Eight Advisory. Ce réseau doit aujourd’hui absorber une énergie de plus en plus décentralisée et intermittente, sans que les investissements de renouvellement n’aient suivi.

Le coût de la seule gestion de la congestion des réseaux dans l’Union européenne a atteint 4,2 milliards d’euros en 2023, facture directe de l’inadéquation entre l’infrastructure disponible et les flux physiques à équilibrer.

Le Grid Action Plan de la Commission européenne chiffre le mur d’investissement à 600 milliards d’euros d’ici 2030 et 1 200 milliards d’ici 2040. Les investissements annuels dans les réseaux en Europe dépassent désormais 70 milliards d’euros, soit le double du niveau d’il y a dix ans. La Banque européenne d’investissement a alloué un record de 11 milliards d’euros aux projets de réseaux et de stockage en 2025.

Or, le European Network of Transmission System Operators for Electricity (ENTSO-E), projette une hausse de 50 % de la consommation électrique européenne d’ici 2050 dans un scénario de haute électrification, portée par les véhicules électriques, les pompes à chaleur et les data centers.

L’IA comme accélérateur inattendu de la crise des réseaux

Aux États-Unis, c’est l’intelligence artificielle (IA) qui modifie brutalement la trajectoire. La consommation électrique des data centers est passée d’environ 58 TWh en 2014 à près de 176 TWh en 2023, soit 4,4 % de la consommation totale américaine, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le Department of Energy projette que cette demande pourrait atteindre entre 325 et 580 TWh d’ici 2028, représentant jusqu'à 12 % de l'électricité américaine selon les scénarios.

Une analyse de Barclays Research de juin 2024 fondée sur les contrats d’approvisionnement prévisionnels des fournisseurs d'énergie anticipe une croissance annuelle de 14 % à 21 % jusqu’en 2030, ce qui porterait la demande des centres de données américains à près de 560 TWh, quasiment un triplement depuis 2023 et l'équivalent de 13 % de la demande nationale actuelle.

Cette accélération percute de plein fouet une chaîne d’approvisionnement déjà à la limite de ses capacités. Les délais de livraison des transformateurs électriques atteignent deux à quatre ans sur certains segments. Les carnets de commandes des principaux câbliers et fabricants de transformateurs européens sont saturés jusqu’en 2030 au minimum.

Un thème d’investissement transversal et durable

Ce qui distingue le cycle actuel des précédents est sa pluralité de moteurs. La décarbonation, l'électrification des usages industriels et résidentiels, le déploiement massif des véhicules électriques et désormais la demande IA convergent simultanément vers les mêmes équipements, transformateurs, câbles haute tension, sous-stations, systèmes de gestion de l'énergie, solutions de stockage.

Preuve que le thème de l'énergie électrique inspire beaucoup les sociétés de gestion, Groupama Asset Management s’apprête à lancer elle aussi un fonds dédié à l'électrification, le Groupama Global Electrification. Mais il sera sous forme de fonds Ucits traditionnel, pas sous forme d’ETF et aura comme référence un indice très large, le MSCI World. DWS a lui aussi lancé récemment son ETF électricité avec le Xtrackers Electrification Technologies & Smart Grid UCITS ETF.

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