Thierry Rayna (Ecole Polytechnique) : «Il y a un phénomène de blockchain washing»
Vous pensez connaître la blockchain ? Pas si sûr. «Globalement, le degré de maturité des professionnels (sur les technologies IA, blockchain, NDLR) est assez mauvais», estime Thierry Rayna, qui accompagne notamment des professionnels, issus de secteurs d’activité très diversifiés, à travers les programmes de formation continue dispensés par l’École Polytechnique Executive Education.
«Nous observons deux travers : ceux qui connaissent très bien la technologie, la manière dont elle fonctionne, et qui, énamourés par cette technologie, vont inventer tout un tas de cas d’usage mais qui finalement sont assez immatures sur des problématiques de stratégie et d’adoption. C’est l’usage fantasmé des technologies. Et, de l’autre côté, il y a des personnes plus matures sur les aspects stratégie, marchés, business modèles mais qui comprennent mal la technologie et ses limites.»
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Blockchain washing
Face à ce constat, Thierry Rayna a rappelé les fondamentaux de la blockchain - «cette technologie qui à l’origine sous-tend le cryptoactif bitcoin» - et son véritable objectif : «Le fait de découper un registre distribué en blocs de transactions qu’on va chaîner a un but bien particulier : assurer la sécurité et une convergence de vues dans un monde où tout le monde écrit des opérations de manière décentralisée, dans un monde ouvert, où il n’y a personne pour dire ‘c’est la bonne version du registre’.» Or, très souvent, les cas d’usage de la blockchain sont en fait ceux de la numérisation, constate le chercheur. «Une plateforme centralisée et sécurisée ferait largement aussi bien. Mais nous sommes face à un phénomène de blockchain washing.»
Pas de tiers de confiance
Selon Thierry Rayna, les cas d’usage de la «vraie» blockchain se trouvent dans les situations où il n’y a pas d’intermédiaire de confiance, «soit à dessein car on mène des actions qui ne sont pas forcément très légales, soit parce que l’on ne parvient pas à trouver un intermédiaire de confiance naturel». Illustrant ce dernier cas de figure, le professeur a cité l’exemple d’un micro-grid déployé à New York, au sein duquel des habitants se sont échangés de l’électricité et qui ne disposait pas de tiers de confiance naturel.
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