Casino sort d’Exito et convainc plus de 40% de ses créanciers non sécurisés
Le distributeur vend sa participation dans l’entreprise colombienne pour 400 millions de dollars. Parallèlement, Casino cherche toujours à convaincre certains créanciers de rejoindre l’accord de restructuration.
Casino se donne un peu d’air avant sa lourde restructuration. Le distributeur en difficulté financière va récupérer quelques centaines de millions d’euros de liquidités grâce à la cession de sa participation dans Exito.
Le groupe stéphanois a annoncé le 16 octobre la cession des 34,05% qu’il détient dans l’entreprise colombienne dans le cadre d’une OPA menée par Grupo Calleja pour 400 millions de dollars (environ 380 millions d’euros). Casino avait obtenu cette participation début 2023 lors de la distribution, par GPA dont le Français est actionnaire à hauteur de 40,9%, d’Exito à ses actionnaires. A l’époque, GPA avait gardé une part de 13,31% qu’il compte également céder dans le cadre de l’OPA, pour 156 millions de dollars.
A 0,9053 dollar par action Exito, l’offre de Grupo Calleja représente une prime de plus de 40% sur le cours de clôture au 13 octobre du titre coté en Colombie, selon nos estimations.
Dans son accord de «lock-up» portant sur sa restructuration et signé avec plusieurs créanciers le 5 octobre dernier, Casino s’était engagé à ne pas vendre sa participation dans Exito à moins que la cession soit réalisée en cash et pour un montant n’affichant pas de décote supérieure à 5% au prix de marché. Des conditions qui semblent largement respectées.
Vendredi, le distributeur a d’ailleurs fait un point sur cet accord de «lock-up». Si les créanciers sécurisés l’ont largement signé, le groupe doit encore convaincre les porteurs de dettes non sécurisées. Il avance sur ce sujet puisqu’au 13 octobre, 44% des détenteurs d’obligations à haut rendement (high yield), des Euro Medium Term Notes (EMTN) et des New European Commercial Paper (NE CP) avaient signé l’accord ainsi que 42,7% des porteurs de titres subordonnés à durée indéterminée (TDSSI). Les conditions imposées à ces créanciers seront moins défavorables si au moins deux tiers d’entre eux participent à l’accord.
Casino a dans le même temps annoncé que la date butoir pour adhérer à l’accord de «lock-up» était repoussée au 17 octobre à 18h. Initialement fixée au 11 octobre, elle avait déjà été repoussée au 13 octobre. Elle pourrait être de nouveau décalée au-delà du 17 octobre, mais sans doute pas après le 25 octobre, un jugement d’ouverture des procédures de sauvegarde accélérée devant être obtenu d’ici là.
A la Bourse de Paris, l’action Casino reste très volatile alors que le projet de restructuration prévoit une forte dilution des actionnaires existants. Lundi, le titre a clôturé en baisse de 3,8%. Il avait repris 4,4% vendredi après une chute de 17% en deux séances. Depuis le début de l’année, il s’effondre de près de 90%.
Le groupe de services aux entreprises change de mains. Confronté à un bilan trop lourd au regard de sa trajectoire de flux de trésorerie, le groupe passe dans les mains de ses créanciers qui vont prendre une très large majorité du capital et réinjecter 140 millions d’euros.
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