Le groupe de grande distribution Casino a annoncé vendredi avoir signé un accord de principe pour la restructuration de sa dette, qui prévoit l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée en octobre prochain.
En réaction à ces annonces, l’action Casino chutait de 14,8% vendredi en début de matinée, à 2,65 euros. Sa cotation avait été suspendue jeudi, en prévision de la publication de ces informations.
Casino a conclu cet accord de principe avec ses principaux créanciers et un groupement constitué d’EP Global Commerce (EPGC), une société du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, de Fimalac, la société d’investissement de l’homme d’affaires français Marc Ladreit de Lacharrière, et du fonds d’investissement britannique Attestor.
Casino avait obtenu l’ouverture le 25 mai dernier d’une procédure de conciliation avec ses créanciers. Depuis, le groupe, lourdement endetté, cherchait à parvenir à un accord de principe avec ses principaux créanciers sur la restructuration de sa dette financière. Au 30 juin 2023, la dette nette de Casino se montait à 6,1 milliards d’euros, dont 5,5 milliards d’euros en France.
Nouvel abaissement des prévisions
Dans le cadre de sa restructuration, Casino disposait d’une seule offre de reprise. Elle a été déposée par le groupement EPGC-Fimalac-Attestor. Cette offre prévoit notamment une injection de capital de 1,2 milliard d’euros, qui donnerait au groupement une participation de 53% dans le distributeur, et la conversion de 4,9 milliards d’euros de dette en fonds propres.
La signature de l’accord de principe annoncée vendredi prévoit la conclusion par les parties et les autres créanciers soutenant cet accord d’un lock-up contraignant au cours du mois de septembre 2023. Les parties s’engagent ainsi à «soutenir et réaliser toute démarche ou action raisonnablement nécessaire à la mise en œuvre et la réalisation de la restructuration», précise le groupe. Cela permettra «l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée au mois d’octobre 2023 et la réalisation effective de toutes les opérations de restructuration au cours du premier trimestre 2024", a indiqué Casino dans un communiqué.
En attendant, la dégradation des résultats de Casino s’accélère en France. Au premier semestre de cette année, le chiffre d’affaires de ses activités françaises de distribution, hors Cdiscount, a reflué de 4,2% sur un an en données comparables, à 3,32 milliards d’euros. Cette baisse de l’activité a entraîné une perte opérationnelle courante de 233 millions d’euros dans le pays au premier semestre.
Aussi, dans un document détaillant l’accord de principe signé avec EPGC-Fimalac-Attestor et ses principaux créanciers, Casino a de nouveau abaissé vendredi ses prévisions de résultats pour ses activités françaises de distribution. Le distributeur prévoit pour ce périmètre une perte brute d’exploitation de 297 millions d’euros en 2023, et non plus de 121 millions d’euros.
Le distributeur affiche sa préférence pour le plan de restructuration présenté par son premier actionnaire. Il souhaite toutefois l’améliorer légèrement pour les créanciers et a besoin du soutien des banques.
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences.
Daniel Kretinsky d’un côté et les porteurs du prêt à terme de l’autre ont chacun soumis de nouvelles propositions pour restructurer l’endettement du distributeur. Les financements bancaires sont quasiment finalisés mais soumis à une entente des parties.
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