Les marchés n’anticipent pas de baisse de taux de la banque centrale américaine mercredi. Mais, entre les perturbations politiques et l’absence de données cet automne, l’économie des Etats-Unis reste toujours aussi difficile à lire.
La publication des indices d'inflation PCE, stables à 2,8% en rythme mensuel malgré la hausse des prix des biens liée aux droits de douane, confirme une situation confortable de la Fed pour temporiser ses prochaines baisses de taux.
Après les soubresauts du printemps 2025, les détentions étrangères en bons du Trésor américains ont finalement atteint un niveau record en novembre. Seule la Chine a réduit ses investissements, officiellement.
L’indice CPI des prix à la consommation a augmenté comme prévu de 2,7% en décembre sur un an, et de 0,2% sur un mois, selon les données publiées mardi. De quoi confirmer un probable statu quo sur les taux Fed à la fin du mois.
Le ministère de la Justice a cité Jerome Powell à comparaître devant un grand jury, le menaçant de poursuites pénales. Cette action sans précédent doit être replacée dans un contexte plus large de menaces et de pressions constantes exercées par l’administration Trump sur la banque centrale. Pour l’instant sans trop d’effet sur les marchés.
Jerome Powell a indiqué dimanche qu'il faisait l'objet d'une assignation de la part du ministère de la Justice, dénonçant des menaces et pressions sans fondement.
Malgré un taux de licenciement très faible, les Etats-Unis ne créent presque plus d’emplois depuis le printemps 2025 selon l’enquête auprès des entreprises, avec un taux d’embauche au plus bas niveau de 15 ans.
L’analyse de l’économie semble devenue de plus en plus compliquée, notamment aux Etats-Unis. Pour les panélistes de L’Agefi comme pour les banquiers centraux, cela ne facilite pas les prévisions sur les taux et les changes.
L’année 2026 pourrait bien ressembler à 2025, année marquée par la grande divergence de performance entre les taux américains et les taux euros ou japonais. Avec partout une tendance à la pentification et à la hausse des primes de terme.
La banque centrale a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un programme d’achats («quantitative easing», QE) à proprement parler, mais plutôt d’une mesure technique («reserve management purchases», RMP) visant à ramener de l’ordre sur des marchés monétaires/interbancaires perturbés depuis deux mois par la réduction des réserves bancaires.
La réserve fédérale américaine a fait passer son principal taux de refinancement à 3,75%. La banque centrale a par ailleurs annoncé la reprise de ses achats d'obligations du Trésor de court terme.
Le directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a déclaré qu’il serait irresponsable de la part de la Réserve fédérale de présenter un plan concernant l’évolution des taux à six mois, qu’il faudra analyser les données pour ajuster sa politique et en expliquer les raisons.
Les derniers chiffres - sur le sentiment des consommateurs en novembre davantage que sur l’inflation et la consommation en septembre - ont confirmé la probabilité selon laquelle la banque centrale devrait poursuivre son assouplissement monétaire le 10 décembre.
Malgré un flou persistant sur l’économie américaine à cause du manque de données depuis la fin du «shutdown», les panélistes de L’Agefi continuent à suivre les mêmes raisonnements que les marchés concernant l’assouplissement monétaire, qui pourrait s’accélérer à la Fed et être terminé à la BCE. Avec les risques, respectivement à la hausse et à la baisse, de ne pas revenir à 2% d’inflation en 2026.