Le Brexit ressemble finalement un peu au virus Covid-19, un mal durable aux symptômes multiples. Voilà qu’à peine les négociations finies et la sortie du Royaume-Uni actée, les disputes se poursuivent de part et d’autre de la Manche autour de l’approvisionnement en vaccins contre le coronavirus. Les Britanniques se seraient entendus avec les laboratoires pour être les premiers servis, comme si la question n’était pas celle d’une épidémie universelle où la contamination efface les frontières. Autre sujet délicat, la dépendance européenne à l’égard du marché britannique des dérivés de taux OTC est en train de se transformer en nouveau problème que serait le déplacement de l’activité aux Etats-Unis : l’Esma s’est affrontée avec la City et n’a accordé qu’une reconnaissance provisoire à ses chambres de compensation tout en signant, dès le mois dernier, un accord de coopération (« memorandum of understanding ») avec la CFTC aux Etats-Unis où plusieurs chambres de compensation bénéficient d’un régime d’équivalence…
Le cours de l’argent s’est envolé lundi, gagnant +11,9% et +11,2% pour les contrats de février et de mars cotés sur le New York Mercantile Exchange (CME Group), à respectivement 30,10 et 29,93 dollars l’once, porté depuis plusieurs séances par l’intérêt d’investisseurs particuliers sur le forum WallStreetBets, dans le sillage des paris sur GameStop. Les valeurs liées au métal précieux grimpaient également à Londres, avec le producteur russe d’argent Polymetal (+7%) et la compagnie minière mexicaine Fresnillo (+19,7%).
L’Autorité européenne des marchés (Esma) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine ont signé jeudi un nouveau protocole d’accord (MoU) sur leur coopération autour de l’organisation de la compensation des dérivés dans les chambres de compensation (CCP) établies aux Etats-Unis mais reconnues par le régulateur européen au titre du règlement EMIR révisé cet automne sur la reconnaissance des CCP de pays tiers. Ce MoU étend un accord de 2016, doit rapprocher les deux régulateurs et améliorer la mise en place d’une supervision des CCP basée sur les risques et sur les résultats, conformément à cette révision discutée en juin.
L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a enregistré vendredi DTCC Data Repository Ireland Plc en tant que référentiel central (TR) au regard des règlements sur les infrastructures de marché (EMIR) et sur les opérations de financement sur titres (SFTR). Après la sortie du Royaume-Uni le 31 décembre, la filiale du groupe DTCC basée en Irlande pourra ainsi continuer d’offrir aux clients de l’Union européenne les services auparavant fournis par le groupe depuis Londres via DTCC Data Repository PLC (DDRL UK), qui cessera d'être enregistré à l’Esma. DTCC Data Repository Ireland Plc couvrira tous les dérivés (matières 1ères, crédit, change, actions, taux) et tous types d’opérations de financement sur titres (mise en pension, prêt-emprunt de titres ou de matières premières, etc.).
LCH a lancé lundi la compensation des options sur indices de crédit américains CDX investment grade 5Y (IG) et CDX high yield 5Y (HY). Cette extension s’appuie sur l’offre existante de compensation d’options sur indices de crédit de LCH CDSClear, qui a été la première chambre de compensation à proposer la compensation d’options sur indices de crédit en 2017. «Nous avons réussi à créer une liquidité significative sur ces produits, avec plus de 64 milliards d’euros d’options iTraxx compensées en 2020 à ce jour. Nous sommes heureux de bénéficier du soutien solide des courtiers pour ce type de compensation», a déclaré Frank Soussan, directeur de CDSClear et EquityClear.
LCH a lancé lundi la compensation des options sur indices de crédit américains CDX investment grade 5Y (IG) et CDX high yield 5Y (HY). Cette extension s’appuie sur l’offre existante de compensation d’options sur indices de crédit de LCH CDSClear, qui a été la première chambre de compensation à proposer la compensation d’options sur indices de crédit en 2017.
Transparence. L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a publié son troisième rapport sur les dérivés. Il ressort que le montant notionnel a baissé de 5 % pour atteindre 681 trillions (milliers de milliards) d’euros à fin 2019. Les dérivés de taux représentent 82 % des volumes, ceux en devises et en actions ayant baissé de 15 % et 35 % respectivement l’an dernier. Les dérivés de gré à gré représentent une part prépondérante, de 92 %, des transactions. La part des dérivés échangés hors plates-formes d’exécution se situe à 85 %. L’analyse des données met en évidence l’augmentation de la part des chambres de compensation parmi les contreparties, à 35 % du marché notionnel, cette part atteignant 41 % dans le domaine des dérivés de taux et 10 % dans celui des dérivés de crédit. Par ailleurs, l’Esma vient de préciser sa position pour les dérivés échangés sur des plates-formes (derivatives trading obligation) : à partir du 1er janvier 2021, ceux négociés à Londres ne seront plus admis comme équivalents à des instruments négociés dans l’Union européenne. Le problème concerne un marché de 50.000 milliards d’euros en notionnel de dérivés de taux.
L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a ajouté mardi les plates-formes britanniques à ses listes des plates-formes de pays tiers (TCTV) sur les questions de transparence post-négociation et de limites de position dans le cadre de MIF 2. Après un avis sur l’impact du Brexit sur l’application de MiFID 2/MiFIR, le régulateur les a évaluées positivement, et donc ajoutées aux deux listes : pour 145 plates-formes sur la transparence post-négociation, et 14 sur les limites de position. A partir du 1er janvier, les entreprises d’investissement de l’Union européenne (UE) ne seront plus tenues de rendre publiques les transactions via un intermédiaire de déclaration post-trade (APA) européen si elles ont été exécutées sur l’une des plates-formes de négociation britanniques de la liste.