Dans le contexte de stagflation déjà anticipé, les banquiers centraux ne dissuadent pas les marchés de prévoir désormais trois hausses de taux de la BCE et de la BoE, voire une demi-hausse de la Fed. Les opérateurs font ainsi une partie du travail de resserrement monétaire à la place des banques centrales.
A l’issue d’une réunion des ministres des finances et de l’énergie du G7 lundi 30 mars, un communiqué plein de bonnes intentions a été publié, marquant surtout le désir de coordination des grandes économies mondiales, mais avec peu de décisions concrètes.
L’inflation globale a diminué sous l’effet de nombreuses subventions à l’économie. Mais l’inflation sous-jacente dite «core core» reste élevée, alors que les négociations salariales semblent parties pour une nouvelle augmentation moyenne autour de 5%.
Le pays fait appel à cet économiste de 66 ans, œuvrant actuellement à la BRI, pour manœuvrer face à la crise énergétique et à la chute du won. Hyun Song Shin est connu pour avoir anticipé la crise de 2008.
La crainte d’une pénurie d’énergie a entraîné le retrait de capitaux étrangers, accentuant la dépréciation de la devise indienne déjà malmenée depuis un an.
Le pays a dû emprunter plus que prévu en février pour faire face à un déficit creusé de 14,3 milliards de livres, soit nettement plus que les prévisions. La charge de la dette s’est alourdie et la crise énergétique pourrait encore aggraver la situation.
La hausse des tarifs du pétrole et du gaz a suspendu l’approche accommodante de la banque centrale britannique, soucieuse de ne pas laisser l’inflation se propager au reste de l’économie. Une attitude prudente qui laisse le taux inchangé à 3,75%, en attendant de voir.
Les rendements des Gilts se sont fortement écartés après une décision de la banque centrale jugée hawkish. Le taux 2 ans a bondi jusqu’à 40 points de base tandis que les investisseurs anticipent désormais près de trois hausses de la BoE cette année.
La banque centrale nippone a maintenu son taux directeur à court terme inchangé à 0,75% mais reconnaît les risques inflationnistes que représente la forte hausse du prix de l'or noir due au conflit au Moyen-Orient.
Alors que ses dirigeants ont explicitement prévenu le 2 mars que la BNS pourrait intervenir sur les changes, les marchés, qui anticipent désormais plutôt une hausse du taux directeur pourtant peu probable, seront très attentifs à sa communication ce jeudi 19 mars.
Les économies asiatiques sont plus dépendantes de l’approvisionnement en pétrole et en gaz du Golfe. Si la crise dure, elles verraient l’inflation s’envoler et leur croissance s’en trouverait entamée.
La RBA a relevé son taux directeur de 3,85% à 4,10%. Elle risque de le faire à nouveau en mai, ce qui annulerait les trois baisses de taux effectuées l’an dernier et continue à porter le dollar australien.
Malgré des chiffres décevants sur l’emploi et la croissance, la banque centrale attendra de voir les effets de la guerre en Iran sur l’inflation. Les marchés ont d’ailleurs pratiquement effacé les deux baisses de taux qu’ils prévoyaient encore pour 2026.
L’ensemble des marchés de taux a été secoué par l’envolée des prix de l’énergie et le risque d’inflation consécutif. Les Gilts britanniques ont une fois encore amplifié les mouvements, compte tenu d’une plus grande cyclicité liée au niveau d’inflation, à la sensibilité aux prix de l’énergie et à la banque centrale.
Le risque d’un scénario stagflationniste a ressurgi, explique Hélène Baudchon, responsable de la recherche macroéconomique pour le Groupe BNP Paribas. Avec la guerre dans le Golfe, la croissance pourrait aussi être pénalisée, pour la zone euro, par l’érosion du multiplicateur budgétaire associé aux dépenses militaires et d’infrastructures compte tenu de leur caractère énergivore.