Après huit ans d’existence, la confiance doit être restaurée
La création du Régime social des indépendants (RSI) en juillet 2006 et de l’Interlocuteur social unique (Isu) en janvier 2008 ont constitué une réforme d’ensemble substantielle et inédite dans le paysage morcelé des régimes de sécurité sociale français.
Les difficultés structurelles persistent. Mais à la fois précipitée et peu pilotée, elle s’est traduite par des dysfonctionnements graves décrits dans plusieurs rapports publics, la Cour des comptes ayant notamment qualifié le démarrage du nouveau régime de « catastrophe industrielle ».
C’est en ces termes que Mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) débute la présentation de son rapport. Tout en soulignant l’effort considérable effectué par le nouveau régime au cours des trois dernières années pour restaurer, en particulier dans le service rendu aux affiliés, une situation profondément dégradée. Pour autant, la Mecss considère cependant que des difficultés persistent dont certaines semblent structurelles. Ce rapport intervient alors que le régime et les députés s’inquiètent de l’équilibre du régime à l’heure où la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) est programmée par le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014 (lire encadré).
Problème de répartition des rôles RSI et Urssaf. Pour la Mecss, les lignes de partage entre le RSI et les Urssaf ne sont pas stabilisées et même si le service rendu aux usagers s’est amélioré, la situation du recouvrement ne se redresse que très lentement depuis un an et en cumulé, ce sont près de 11 milliards deuros de cotisations dans le champ de l’Isu qui restent à recouvrer à la fin 2013, indique le rapport.
La Mission relève aussi que chez les affiliés, la crise de confiance perdure. Les dysfonctionnements du régime donnent lieu à un amalgame avec l’alourdissement des cotisations, amalgame qui alimente un regain de contestation de l’affiliation à la Sécurité sociale aujourd’hui relayé par les réseaux sociaux.
Cinq grandes séries de mesures. La Mecss propose ainsi 5 séries de mesures dont :
- La transparence vis-à-vis des cotisants en affichant clairement lintervention des Urssaf pour le compte du RSI et une définition des compétences dans la répartition des tâches au sein de lInterlocuteur social unique pour limiter les aller-retour des dossiers,
- Développer le calcul des cotisations sur la base de l’estimation des revenus de l’année en cours,
- Renforcer l’implication des experts comptables et développer d’autres relais d’information et de médiation
- Développer le recours à la dématéria-lisation pour la déclaration des revenus et le paiement des cotisations,
- Rapprocher les assiettes sociale et fiscale.
Plus d'articles du même thème
-
L'Allemagne s'apprête à lancer une épargne retraite par capitalisation dès l'enfance
Berlin versera 10 euros par mois aux enfants de six à 18 ans pour leur retraite, sous réserve de l'accord des Länder. Sans contrat ouvert par les parents, la Bundesbank placera les sommes en actions. -
Le rapport Marsh CFA Institute pointe la fragilité du système de retraite français
Sans réforme concrète, le système de retraite tricolore conserve un score de 70,3 sur un an, mais son maintien dans le temps n'est pas assuré. -
Les pertes des fonds de pension chiliens sur les taux américains font réagir les députés
Les positions des fonds de pension privés chiliens sur les taux américains accusent une moins-value de 7,7 milliards de dollars, et des députés demandent des comptes au régulateur.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
CarotteA l'approche des élections, Pedro Sanchez joue à fond la carte du coût de la vie
En mal de popularité à un mois des législatives, le gouvernement espagnol a annoncé une série de hausses de prestations sociales. Et en prévoit d'autres dans les prochaines semaines, dans l'espoir d'influencer le débat public -
Capacité de résistanceLa « Grande Adaptation », dernier miracle de l'économie mondiale ?
Après la Grande Modération et la Grande Récession, voici le nouveau concept à la mode pour décrire la résilience de l'activité -
Désir et frustration« On a créé un parallèle entre améliorer sa vie et augmenter son pouvoir d'achat »
Philosophe et professeur à l'ESCP Business School, Benoît Heilbrunn a consacré un livre au « mythe » du pouvoir d'achat. Ce terme masque pour lui de nombreux sujets occultés par le débat politique, en plus d'alimenter des frustrations de consommation