Neuflize OBC réduira d’un quart ses effectifs
Le processus n’est pas encore lancé mais Neuflize OBC a levé le voile sur l’ampleur des suppressions de postes à venir. La filiale française du groupe néerlandais ABN Amro entend lancer en deux vagues un plan de départs volontaires qui ciblera environ 275 postes, un chiffre dans le haut de la fourchette évoquée mi-février par l’Agefi. La restructuration s’insère dans un plan plus global qui prévoit aussi le recrutement de 30 profils techniques dans le conseil et le digital. En net, les réductions de postes représentent près du quart des effectifs de Neuflize OBC.
Composé de cinq piliers (primauté au conseil, digital, internationalisation, investissements, modification du mode de travail), le plan de Neuflize OBC entend ainsi dégager des marges de manœuvre pour injecter 50 millions d’euros dans le fonds de commerce. Près de 40 millions d’euros seront consacrés à la digitalisation interne et externe de l’offre et à l’automatisation des process. Un budget de plus de 10 millions d’euros (formation, accompagnement du changement) concernera par ailleurs une «organisation flexible» qui se traduira notamment par la réduction du nombre de postes de travail à 7 pour 10 collaborateurs via le télétravail et les rendez-vous chez les clients. Cette nouvelle organisation concerne déjà 15% des salariés et sera généralisée fin 2018.
Les négociations concernant les conditions des départs, qui s’échelonneront jusqu’en 2019, n’ont pas encore commencé. Neuflize OBC indique seulement anticiper un «montant élevé» pour le coût de ce plan. «La première vague de départs sera mise en œuvre dès cette année et représente 45% du plan de volontariat, avec l’objectif d’améliorer notre compétitivité sans attendre l’informatique», explique Philippe Vayssettes, le président du directoire de Neuflize OBC. «La banque universelle pour les familles et des entreprises n’a plus cours et nous allons nous concentrer sur notre cœur de métier à forte composante de conseil», ajoute le dirigeant.
Seuils d’accès augmentés
Pour ce faire, Neuflize OBC va «augmenter significativement» les seuils d’accès à l’offre du groupe et à ceux de sa banque privée, actuellement fixés à 250.000 euros et 1 millions d’euros d’actifs financiers. Pour contrer les fintechs et les banques en ligne, aux structures de coûts extrêmement compétitives, le groupe mise sur l’accroissement de sa valeur ajoutée tout en anticipant les exigences en matière de transparence des coûts et de fin des rétrocessions de MIF 2, qui pèseront sur la génération future de revenus.
L’an dernier, le produit net bancaire de Neuflize OBC a baissé de 3%, à 317,1 millions d’euros, malgré des actifs clients (hors gestion conseillée) en légère hausse à 46,4 milliards d’euros. Conséquence, le coefficient d’exploitation a augmenté de 73,1% à 75,6%. Le résultat net a diminué de 1,2% à 51 millions d’euros après avoir baissé de 5,1% en 2015.
Ce recentrage vers la banque privée haut de gamme s’accompagne du constat que «le Saint Graal de la gestion d’actifs est révolu», analyse Philippe Vayssettes. «Nous sommes les chefs d’orchestre de produits, que nous les manufacturions ou pas», avance le dirigeant. Neuflize OBC poursuivra cependant ses investissements dans la plate-forme luxembourgeoise de sa filiale de gestion ABN Amro Investment Solutions (IS). Cette dernière a pâti l’an dernier d’une décollecte de 900 millions d’euros sur les réseaux d’ABN Amro mais a collecté près de 100 millions auprès de tiers. Pour développer ses relais de croissance, ABN Amro IS mise notamment sur l’essor de sa plate-forme de gestion déléguée.
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