Les syndicats de la Société Générale appellent à la grève le 27 juin

Après la décision du directeur général, Slawomir Krupa, de réduire le télétravail au sein de la banque, la CFDT, la CFTC et la CGT Société Générale invitent les salariés français à se mobiliser fin juin et début juillet.
SG societe generale
La Société Générale veut réduire le télétravail dans l'entreprise  -  (RK)

La Société Générale s’apprête à vivre sa deuxième journée de grève en trois mois. Fin mars dernier, des salariés avaient cessé le travail pour contester la politique de rémunération de la banque. Cette fois c’est la décision du directeur général de revenir en arrière sur le télétravail qui ne passe pas.

Dans un mail envoyé aux salariés le 19 juin, Slawomir Krupa avait averti les salariés que le nombre de jours de travail à distance dans l’ensemble du groupe passerait à un jour par semaine maximum contre deux dans la plupart des cas aujourd’hui. Une décision rapidement critiquée par les syndicats qui, après avoir été reçus par la direction générale, joignent les actes à la parole.

Opération «Tous sur site»

Dans un tract envoyé aux salariés lundi soir, une intersyndicale composée de la CFDT, de la CFTC et de la CGT invite les collaborateurs de la banque de la Défense à se mobiliser les 27 juin et 3 juillet prochains, soit juste avant une réunion programmée le 4 juillet après laquelle «la direction prendra la décision de dénoncer formellement l’accord [sur le télétravail]», indiquent les syndicats de la Société Générale. «Celui-ci s’appliquera alors encore pendant quinze mois (sauf si un nouvel accord plus favorable est signé)», précisent-ils.

D’ici là, l’intersyndicale appelle donc les salariés à faire grève ce vendredi en faisant remarquer que le 27 juin est une date importante «pour beaucoup d’opérations bancaires» car veille d’un week-end de fin de mois. Les syndicats incitent également le personnel à mettre en œuvre une opération «Tous sur site» le 3 juillet. «En venant sur nos sites de travail habituel, nous ferons ensemble la démonstration que les conditions matérielles ne permettent pas d’envisager un retour sur site ‘comme avant’», indiquent-ils.

Contactée par L’Agefi, la Société Générale ne fait pas de commentaires.

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Le télétravail dans le viseur

Cette mobilisation sera suivie de près par les autres banques françaises et leurs salariés dans un contexte de remise en cause des politiques de télétravail dans plusieurs grands groupes bancaires occidentaux ces dernières semaines. En début d’année, JPMorgan a réclamé à ses salariés un retour au bureau cinq jour sur cinq et, lundi, Bloomberg a rapporté qu’une réduction du nombre de jours de télétravail à deux par semaine chez HSBC pourrait couter 200 millions de dollars par an en nouveaux locaux à la banque britannique.

Largement séduits par la stratégie déployée par les dirigeants ces derniers mois, les investisseurs pourraient aussi commencer à s’intéresser au climat social dans l’entreprise si le conflit avec les salariés français devait se durcir sur cette question du télétravail. Après une flambée de l’action de 113% en un an, ils ont toutefois, pour le moment, toutes les raisons de maintenir leur confiance à Slawomir Krupa.

Soupçons de fraude fiscale : perquisitions au siège de la Société Générale

Démonstration de force à la Société Générale. Le siège de la banque à La Défense, ainsi que ses bureaux au Luxembourg, ont été perquisitionnés le 24 juin dans le cadre d’une enquête pour «blanchiment de fraude fiscale», entre autres, a révélé hier Le Monde. La procédure a été ouverte en janvier 2024 par l’Office national anti-fraude. Quelque 80 enquêteurs et 11 magistrats et assistants du Parquet national financier ont été mobilisés mardi pour cette opération.
L’enquête est distincte de l’affaire dite «Cum-Cum» concernant la fraude aux arbitrages de dividende. La justice s’interroge « sur les conditions dans lesquelles un service de la Société Générale est susceptible d’avoir pu proposer et réaliser des montages à but essentiellement fiscal au profit de grandes entreprises françaises, a précisé le PNF. Les faits sont susceptibles d’avoir été commis depuis 2009 en France et à l'étranger, notamment au Luxembourg. »

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