La Société Générale fait marche arrière sur le télétravail
Le patron de la banque, Slawomir Krupa, a averti les salariés de son projet de limiter le travail à distance dans l’entreprise à un jour par semaine maximum voire aucun dans certains services.
Slawomir Krupa est le directeur général de la Société Générale
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Société Générale
L’annonce n’est pas de nature à apaiser un climat social déjà tendu. Dans un mail interne dont a pu prendre connaissance L’Agefi, le directeur général de la Société Générale, Slawomir Krupa a indiqué avoir pris la décision «d’engager l’harmonisation de [la] politique de télétravail au sein du groupe, sur un rythme d’un jour maximum par semaine», contre deux jours actuellement dans la plupart des cas. Certaines entités pourront même «décider de ne pas recourir au télétravail pour certains métiers», précise le dirigeant.
Le directeur général justifie ce choix par un besoin «d’interagir, d’échanger, y compris de façon informelle, pour renforcer chaque jour notre culture et notre unité autour d’ambitions stratégiques partagées et de défis opérationnels surmontés ensemble». «Il s’agit de mieux intégrer les nouveaux arrivants, de faciliter l’apprentissage, l’acquisition des savoirs tout au long de la vie professionnelle et leur transmission, et de stimuler l’innovation», estime Slawomir Krupa.
La Société Générale compte mettre en place cette nouvelle politique «rapidement» tout en étant attentive à «assurer une transition fluide et correctement cadencée, compte tenu des besoins opérationnels des équipes et de l’organisation personnelle et familiale de chacun».
Du côté des salariés français de la banque, c’est la douche froide. Le mail de Slawomir Krupa «a fait l’effet d’une bombe», juge la CGT SG dans un communiqué. «Si chacun peut mesurer que des adaptations pourraient être nécessaires sur ce mode de travail testé à la Société Générale depuis 2012, personne ne va accepter le doigt sur la couture du pantalon cette réduction drastique d’un dispositif qui a fait ses preuves», juge le syndicat.
La négociation «Emploi» qui s’ouvre la semaine prochaine à la Société Générale s’annonce houleuse. «Difficile de croire que les conséquences de l’oukase pourront se régler en bonne intelligence», avertit la CGT qui estime qu’il «n’y a même plus assez de place pour accueillir tous les salariés dans le cadre d’un retour massif sur site».
De son côté, la CFDT SG dénonce également une décision qui «s’impose sans aucune considération de l’impact sur les conditions de travail des salariés» et se demande si ce ne serait pas une «manière naturelle de faire partir les salariés qui n’accepteraient pas cette nouvelle organisation de travail notamment dans les services centraux».
En mars dernier, l’intersyndicale de la banque avait déjà mené une journée de grève nationale pour contester la politique de rémunération du groupe. Ce nouveau volet concernant le travail à distance pourrait alimenter la grogne sociale.
Ce retour en arrière de la Société Générale sur le télétravail est à rebours des politiques mises en œuvre dans de nombreuses entreprises depuis la pandémie de Covid-19 mais il s’inscrit dans le retournement de tendance observé ces derniers mois notamment dans le secteur financier. Non sans créer certaines résistances, le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a réclamé en début d’année un retour des salariés au bureau cinq jours sur cinq.
D’autres grandes banques ont également imposé le retour à 100% en présentiel dans certains services, notamment dans la banque d’investissement. Le suisse UBS a récemment durci ses règles en la matière et le britannique HSBC a prévu ses salariés que leurs bonus pourraient être réduits s’ils ne venaient pas assez souvent au bureau.
En France, le mouvement est moins marqué et, dans le secteur financier, la décision de la Société Générale pourrait constituer un précédent.
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