La Société Générale dévoile les conditions de son plan de départs
Une coupe franche et brutale. La Société Générale va supprimer 947 postes dans ses services centraux au siège, ainsi que dans les fonctions supports de la banque de grande clientèle, la banque d’investissement, les RH et la direction financière, avait-elle annoncé début février. La banque de la Défense a négocié pour cela un accord de rupture conventionnelle collective, signé par deux organisations syndicales représentatives, le SNB et la CFDT.
La CGT a quant à elle refusé de signer cet accord, qui organise les conditions de départ volontaire des salariés et de reclassement au sein du groupe, jugeant les propositions de la direction insuffisantes.
Des départs volontaires
Depuis la signature de son accord sur l’emploi en 2019, la Société Générale ne procède plus à de licenciement économique contraint. Ainsi, la fusion de son réseau avec celui du Crédit du Nord, qui doit se traduire par un total de 3.700 suppressions de postes à horizon 2025, s’effectue au moyen de transitions d’activité, de départs volontaires et de mobilités fonctionnelles et/ou géographiques.
La même logique s’applique pour les coupes réalisées à la Défense. Le plan sera ouvert à compter du 3 juin pour s’étaler jusqu’au 27 février 2025. Les salariés qui souhaitent quitter la banque devront justifier d’une embauche dans une autre entreprise, d’une création d’entreprise, d’un projet personnel ou d’une formation certifiante ou diplômante. Ils auront, dans ce cas, droit à des indemnités de départ.
Avec des indemnités à la clé
Ces dernières équivalent à un mois de salaire par semestre d’ancienneté pour une rupture de contrat demandée dans les 4 mois suivant l’ouverture du plan ; 0,8 mois de salaire par semestre d’ancienneté pour un départ intervenant dans les 5 à 7 mois et 0,6 mois de salaire par semestre d’ancienneté à compter du 8ᵉ mois. La rémunération variable est intégrée dans le calcul à compter de 10 ans d’ancienneté, contre 20 ans dans l’accord de 2019. Le SNB salue donc cet accord comme étant «mieux disant» pour les salariés, tandis que la CGT souhaitait abaisser ce seuil à 5 ans d’ancienneté. Le variable est pris en compte sur la moyenne glissante des deux dernières années.
Les salariés demandant la rupture de leurs contrats dès les mois de juin et juillet bénéficieront d’une indemnité supplémentaire de 20%. Ceux qui se lancent dans la création d’entreprise percevront 20.000 euros, tandis que l’employeur donnera un coup de pouce aux reconversions pouvant s’élever jusqu’à 27.500 euros.
Cessation anticipée pour les seniors
Par ailleurs, le dispositif prévoit, pour les seniors jusqu’à trois ans de l’âge du départ à la retraite, une mesure de «transition d’activité». S’ils s’engagent à liquider au plus vite leur retraite à taux plein, ils sont dispensés d’effectuer les mois de travail restants, tout en percevant chaque mois 60 à 70% de leur rémunération. Ils restent, ce faisant, salariés de la banque jusqu’à leur départ en retraite.
Le reste des salariés sera reclassé au sein du groupe selon le dispositif d’accompagnement en vigueur. Ils seront prioritaires pour candidater sur «la bourse aux emplois» de la Société Générale, et bénéficier, le cas échéant, d’une formation en vue de leur mobilité. Le processus de reclassement risque d’être compliqué, étant donné que les salariés des services centraux bénéficiaient d’au moins trois jours de télétravail, voire quatre pour certains. Il devrait également impliquer de la mobilité géographique.
700 millions d’euros d'économies et après ?
Cette nouvelle coupe dans les effectifs doit contribuer à réaliser 700 millions d’euros d’économies supplémentaires d’ici à 2026. La fusion avec Crédit du Nord et les synergies permises par l’intégration du loueur longue durée LeasePlan au sein d’Ayvens doivent déjà permettre de dégager un milliard d’euros d’économies brutes.
Pour les représentants du personnel, le nouveau patron Slawomir Krupa souhaite envoyer un message fort aux marchés sur la réduction des coûts annoncée lors du Capital Market Day de la banque à Londres en septembre. Un rendez-vous au cours duquel il n’avait pas convaincu, faisant chuter le cours de Bourse de près de 10%.
«Le groupe taille dans les agences avec le plan Vision 2025 ainsi que dans le personnel. Il veut désormais s’attaquer à l’informatique, alors que c’est au cœur de la transformation de la banque ! Nous avons des applicatifs qui plantent tous les jours, dans l’assurance ou dans les virements. En réalisant des coupes dans l’informatique, la direction va réduire les moyens pour assurer les opérations de maintenance. Il faudra revoir les priorités, sans parler des impacts en termes de risques psycho-sociaux sur les salariés !», déplore un représentant syndical.
Les marchés, quant à eux, restent sceptiques. Le titre n’a toujours pas rattrapé son retard en Bourse, dans un contexte défavorable aux banques françaises. Les analystes de Deutsche Bank l’ont dégradé mercredi à «conserver», estimant que le plan de Slawomir Krupa mettra «15 à 18 mois» avant de porter ses fruits.
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