La Société Générale mène la danse de la revalorisation des banques en 2025
Le rendez-vous devrait bien se passer pour Slawomir Krupa. Ce mardi 20 mai, le directeur général de la Société Générale va se présenter devant les actionnaires de la banque en position de force après la flambée boursière de l’action.
Après des années de sous-performance, la banque de la Défense profite d’un vrai retour en grâce depuis le début de l’année avec une hausse de près de 80% qui constitue de loin la plus forte progression d’un secteur bancaire pourtant bien orienté.
Portée par de solides résultats annuels puis trimestriels qui valident la stratégie déployée par Slawomir Krupa depuis 2023, la Société Générale a également bénéficié d’un environnement favorable à l’ensemble des établissements de crédit. A l’exception notable des autres banques françaises cotées, BNP Paribas et le Crédit Agricole, la plupart des groupes européens ont en effet réalisé un bon début d’année en publiant des comptes trimestriels supérieurs aux attentes.
«90% des banques européennes ont battu le consensus au niveau des bénéfices avant impôt» alors que «les dépréciations restent faibles et les indicateurs de risque de crédit prospectifs sont bons», indiquent les analystes d’UBS dans une note publiée mi-mai. Ils estiment que le secteur a également été aidé en Bourse ces dernières semaines par le rebond global des marchés, par l’anticipation d’une baisse des taux de la BCE plus faible que prévu initialement, par des bonnes surprises macroéconomiques en Europe et par la poursuite des opérations de fusions et acquisitions.
Au global, l’indice des banques européennes, le Stoxx Europe 600 Banks, devance nettement les autres secteurs depuis le début de l’année. Son rendement total, dividendes et rachats d’actions compris, atteint 34% sur la période contre 22% pour l’assurance et 17% pour l’industrie de la construction, ses deux principaux poursuivants.
Forte décote
Plusieurs facteurs pourraient toutefois venir enrayer cette belle dynamique dans les prochains mois. «La baisse des droits de douane n’est pas la même chose que l’absence de droits de douane», préviennent les spécialistes de la banque suisse qui s’attendent à ce que le renforcement de l’euro, le ralentissement des exportations européennes, une baisse de la confiance, le repli du prix du pétrole et une hausse des exportations chinoises vers l’UE pèsent sur l’inflation et les taux sur le Vieux Continent.
En dépit de leur récent rebond, les banques européennes demeurent sous-valorisées avec un ratio cours sur bénéfice représentant 59% de celui du marché contre 72% historiquement, estiment les analystes d’UBS tout en notant que la marge de sécurité est désormais plus limitée qu’en fin d’année dernière lorsque la décote frôlait 50%. Ce resserrement, particulièrement visible pour l’action Société Générale, les a d’ailleurs poussés à réduire leur recommandation sur la banque de la Défense de «acheter» à «neutre» un peu plus tôt dans le mois.
Le groupe dirigé par Slawomir Krupa pourrait toutefois revenir dans les petits papiers d’UBS si on en croit la trajectoire de retour aux actionnaires prédite par les spécialistes de la banque suisse. Ils anticipent en effet que le rendement total, dividendes et rachats d’actions inclus, de l’action Société Générale passe de 7% en 2025 – soit moins que les 8,6% attendus en moyenne pour le secteur – à 13% en 2027, ce qui placerait le titre dans le top 3 des banques rémunérant le mieux leurs actionnaires. De leur côté, BNP Paribas et Crédit Agricole se hisseraient tout juste au niveau de la moyenne des banques européennes pour atteindre 10% dans deux ans, contre 7% et 6% estimés respectivement pour 2025.
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