Les banques françaises sont-elles les plus puissantes d’Europe ?
La France ne brille pas par son industrie, ni par ses grandes entreprises technologiques. Première destination touristique du monde et roi incontesté du luxe, notre pays a toutefois d’autres arguments à faire valoir. Notamment, et c’est moins connu, dans un secteur au cœur de la grande machine économique : la banque.
Grâce à un marché concentré, dans les mains de cinq ou six grands établissements, et à des acteurs dynamiques à l’international, l’Hexagone peut s’appuyer sur un secteur bancaire particulièrement solide. De là à le considérer comme le plus puissant d’Europe ?
La France domine par la taille des actifs
Selon une étude de S&P Global Market Intelligence, le bilan total des six plus grandes banques françaises frôlait les 10.000 milliards d’euros d’actifs à fin 2022, soit près de quatre fois le PIB hexagonal. En comparaison, les plus grandes banques britanniques pointaient à 7.300 milliards d’euros, soit 2,2 fois la richesse de leur pays et les Espagnoles représentaient 2,4 fois le PIB local, à 3.270 milliards. Les principales banques allemandes, qui évoluent pourtant sur le plus grand marché européen, n’affichent «que» 3.100 milliards d’euros d’actifs, à peine 80% du PIB du pays.
Si la couronne de plus grande banque européenne revient à HSBC selon les chiffres de S&P Global Market Intelligence arrêtés à fin 2022, BNP Paribas et le Crédit Agricole complètent le podium et la France place cinq établissements dans le top dix (voir graphique). Groupe BPCE, la Société Générale et le groupe Crédit Mutuel sont respectivement sixième, septième et dixième. La Banque Postale arrive pour sa part à la 17ᵉ place.
169 milliards d’euros
Aucun autre pays ne positionne plus deux banques dans le top 10. Outre HSBC, le Royaume-Uni peut compter sur Barclays (cinquième) alors que l’Allemagne ne place que Deutsche Bank (neuvième). L’Espagne est représentée grâce à Banco Santander, quatrième, et la Suisse peut s’appuyer sur UBS, sixième, qui effectue un bond de six places grâce au rachat – intégré dans les chiffres de S&P – de son principal concurrent domestique, Credit Suisse. La première banque italienne, Intesa Sanpaolo, est 12ᵉ, juste devant le Néerlandais ING. Aucun autre pays n’est représenté dans le Top 20.
La prédominance des banques françaises se confirme lorsqu’on étudie les revenus (ou produits nets bancaires) générés par les 20 premiers établissements en termes d’actifs. BNP Paribas n’est «que» deuxième, derrière l’Espagnol Banco Santander, avec un PNB de 50,4 milliards d’euros mais au global, les six groupes français dépassent nettement les cinq banques britanniques, avec 169 milliards d’euros de revenus cumulés contre 127 milliards. Les autres pays sont loin derrière.
HSBC en tête
En revanche, HSBC, Barclays, Lloyds, Standard Chartered et NatWest l’emportent sur les Français au classement des plus gros profits nets enregistrés en 2022 avec 32,6 milliards d’euros contre 26,5 milliards. Là encore, les banques espagnoles, italiennes, néerlandaises ou allemandes sont plusieurs crans en dessous (graphique).
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Nous n’avons pas comparé les pays en fonction des capitalisations boursières de leurs plus grandes banques car, spécificité hexagonale, la France compte plusieurs établissements qui ne sont pas cotés (BPCE, Crédit Mutuel, La Banque Postale) ou seulement en partie (le Crédit Agricole).
Quatre banques systémiques contre trois
En revanche, l’opposition franco-britannique est particulièrement serrée si on s’intéresse aux banques jugées systémiques par le Financial Stability Board (FSB). Selon son classement de novembre dernier, la France compte quatre établissements dont la faillite pourrait menacer la stabilité financière mondiale alors que «seules» trois banques britanniques y figurent. Mais le Royaume-Uni est le seul pays européen à compter un groupe dans le «bucket 3», jugé plus sensible, avec HSBC. BNP Paribas a été rétrogradé dans le «bucket 2» en 2022 tandis que BPCE, le Crédit Agricole et la Société Générale sont dans le «bucket 1».
Selon l’ensemble de ces données financières, l’Hexagone semble l’emporter aux points face au Royaume-Uni. On peut donc légitimement considérer que les banques françaises sont les plus puissantes d’Europe. Même à l’échelle mondiale, BNP Paribas et le groupe Crédit Agricole réussissent à se hisser aux neuvième et dixième places d’un classement largement dominé par les groupes chinois et américains, toujours selon le palmarès établi par S&P en fonction de la taille des actifs à fin 2022. Aucun autre pays ne fait aussi bien, le Japon et le Royaume-Uni ne parvenant à positionner qu’une seule banque chacun.
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