La plus grande banque française ne domine pas son marché domestique.
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Certaines sont mutualistes. D’autres sont dites «capitalistes». Certaines sont cotées en Bourse. D’autres appartiennent à l’Etat. Si le profil des banques françaises est varié, elles ont pour point commun de toutes être d'énormes établissements.
Mais qui de BNP Paribas, BPCE, du Crédit Agricole, du Crédit Mutuel, de La Banque Postale ou de la Société Générale est la plus grande banque française ? Pour tenter de répondre à cette question, nous les avons comparées entre elles en utilisant quatre critères objectifs : le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires), le résultat net, le total des actifs (ou du bilan) et le nombre de salariés. Le critère de la capitalisation boursière n’a pas été retenu car il ne s’applique parfaitement qu’à BNP Paribas et à la Société Générale, la partie cotée du Crédit Agricole n’intégrant pas les caisses régionales et les autres banques n’étant pas cotées.
287 milliards d’euros de plus
Avec 50,4 milliards d’euros de PNB en 2022, BNP Paribas arrive largement en tête. La banque de la rue d’Antin dépasse nettement les 38,2 milliards du Groupe Crédit Agricole, qui intègre l’entité cotée Crédit Agricole SA et les caisses régionales. À la troisième place du podium on trouve la Société Générale (28,1 milliards d’euros de PNB) suivie par BPCE (25,7 milliards). Groupe Crédit Mutuel et la Banque Postale figurent un voire deux crans en dessous avec des revenus de 20,5 milliards et 8,3 milliards d’euros, respectivement.
Le classement est le même si on s’intéresse cette fois à la taille des actifs, toujours au titre de l’exercice 2022. Avec 2.666 milliards d’euros, BNP Paribas pèse 287 milliards de plus que Groupe Crédit Agricole, toujours deuxième. Sur cet indicateur, BPCE et ses 1.531 milliards d’euros d’actifs devancent la Société Générale de 44 milliards d’euros.
L’écart entre BNP Paribas et la banque verte est également significatif au niveau du profit net. Le premier a enregistré un résultat net de 10,2 milliards d’euros l’an dernier contre 8,1 milliards pour Groupe Crédit Agricole. Les différences d’effectifs sont à l’inverse significatives. BNP Paribas employait 193.000 personnes l’an dernier, soit 48.000 de plus que sa grande rivale hexagonale.
BNP Paribas dans le top 10 mondial ?
En tête de tous nos critères, BNP Paribas peut donc légitimement être considéré comme étant la plus grande banque française. La prééminence du groupe dirigé par Jean-Laurent Bonafé est en outre confirmée par le Financial Stability Board (FSB) qui classe les banques selon leur caractère systémique (dont la chute serait susceptible d’entraîner celle de l’ensemble du système).
En 2022, la banque jugée la plus systémique était encore JPMorgan, seule dans sa catégorie («bucket 4» selon la terminologie du Comité de Bâle). Trois établissements figurent dans le «bucket 3» : Bank of America, Citigroup et HSBC. BNP Paribas a reculé d’un cran, dans le «bucket 2» où elle rejoint Bank of China, Goldman Sachs, Barclays, Deutsche Bank ou Mitsubishi UFJ. Elle est la seule banque française dans cette catégorie.
BPCE, Groupe Crédit Agricole et la Société Générale sont tous les trois dans le «bucket 1» aux côtés d’établissements comme Credit Suisse, ING, Morgan Stanley, Santander, Unicredit…
Loin derrière en France
Parmi les plus grandes banques du monde, BNP Paribas ne domine pourtant pas son propre marché domestique, loin de là. Dans la banque de détail en France, avec «seulement» 1.650 agences bancaires, l’établissement arrive en effet loin derrière plusieurs de ses concurrents et notamment les trois groupes mutualistes.
A fin 2022, Groupe Crédit Agricole disposait ainsi de 7.100 agences grâce à son réseau de caisses régionales et à sa filiale LCL, la banque verte se revendiquant même premier employeur privé de l’Hexagone et premier financeur de l’économie française.
BPCE s’affiche de son coté comme le «deuxième groupe bancaire en France» et annonce un réseau de près de 8.000 agences. A eux deux, Groupe Crédit Agricole et BPCE financeraient plus de 40% de l’économie française.
Avec ses 5.250 points de vente, le Groupe Crédit Mutuel bénéficie également d’un maillage largement supérieur à celui de BNP Paribas. La Banque Postale, forte du réseau de sa maison mère, revendique pour sa part 3.500 bureaux de plein exercice parmi les 7.000 dans lesquels les clients peuvent effectuer des opérations bancaires.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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