Face aux incertitudes budgétaires et politiques, les investisseurs étrangers, et probablement un peu les hedge funds, exacerbent la sensibilité des taux sur les Bons du Trésor français (BTF) à 6 mois.
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027.
Il faut remonter à 2013 pour trouver un indicateur aussi bas : les ménages sont de plus en plus pessimistes tant sur l’évolution de leur situation financière personnelle, que sur leur capacité d’épargne ou sur la hausse du chômage. Ils s’attendent également à un regain d’inflation.
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l’arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français.
Alors que beaucoup pronostiquaient une dégradation de la note de la France par Moody's, l'agence de notation l'a laissée inchangée, anticipant une réduction du déficit en 2027.
L’Insee vient de publier une note établissant que le pouvoir d’achat des salaires a progressé en 2025 pour la deuxième année consécutive. Une affirmation qui mérite d’être examinée de plus près alors que l’Institut français d’économie a montré plutôt un recul du pouvoir d’achat qui se poursuivrait en 2026 et en 2027.
La confiance des entreprises s’est améliorée en octobre, selon l’indice du climat des affaires de l’Insee, porté par le secteur manufacturier. Mais cette enquête n’intègre pas totalement l’effet des troubles des 17 et 18 octobre. Le risque économique pour la France a changé de nature.
La préférence pour le gradualisme budgétaire est très ancrée en France, nourrie par la peur d’aboutir à des “boucles récessives”, estime Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. Il existe des moyens d'en sortir. Mais la voie est étroite.
Le manque de grandes transactions continue de pénaliser le marché locatif en Ile-de-France. A l’inverse du marché de l’investissement, où elles masquent le ralentissement.
Les groupes mutualistes, BPCE, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, réalisent l’immense majorité de leurs revenus dans l’Hexagone. Les banques non mutualistes, BNP Paribas et la Société Générale, sont moins exposées mais la France demeure de loin leur premier marché alors que la situation du pays inquiète avec un taux souverain à dix ans qui vient de passer les 5%.
Une partie du débat public tend à relativiser le poids de la dette française en la rapportant au patrimoine national plutôt qu’au PIB. Or, cette lecture soulève plusieurs difficultés. L’essentiel du patrimoine invoqué appartient aux ménages et aux entreprises, les actifs publics sont peu liquides et leur mobilisation peut entraîner une perte de valeur ou de contrôle. L’approche patrimoniale devient surtout cohérente lorsque l’endettement finance des actifs productifs.
Après le week-end chaotique, les actions françaises et le marché des taux ont accentué leur chute lundi. Les investisseurs s'inquiètent des difficultés du gouvernement à faire face à la situation sociale et à ses conséquences budgétaires.
Quelle que soit la politique budgétaire mise en œuvre, l’année prochaine, l’Institut montre que le déficit public ne serait pas réduit, même avec d’importantes réductions de dépenses, car celles-ci pèseraient sur la croissance déjà très faible.
Bercy publie un graphique qui montre le poids des cotisations retraite servant à payer les pensions des anciens agents dans les différents ministères. Mais le grand bouleversement dans la présentation des comptes de l'Etat pour tenir compte de cette réalité attendra.
Dans un contexte de plus en plus tendu pour la dette française, les investisseurs s'inquiètent des liens entre les banques et l'Etat. Au-delà de la détention de bons du Trésor, il n'est toutefois pas aisé de les établir avec précision. La Banque Postale et les banques mutualistes semblent malgré tout plus exposées que la Société Générale et BNP Paribas.
Les importations de marchandises ont baissé plus vite que les exportations en août, alors que la balance des services reste excédentaire, ce qui a permis de réduire le déficit commercial. Le compte financier s’améliore nettement.