Vendredi à Budapest, les Vingt-Sept devaient poser les premières pierres d’un grand plan en faveur de la compétitivité de l’Europe. Mais le résultat, décevant, a de quoi inquiéter, alors que le retour de Donald Trump jette une ombre de plus sur l’économie du Vieux Continent.
Les Vingt-Sept votent vendredi pour décider s’ils entérinent les droits de douane appliqués à titre provisoire par l’UE depuis juillet sur les importations de véhicules électriques produits en Chine. La Commission et Pékin négocient en parallèle une formule de compromis. Explications.
Deux tiers des Etats membres de l’UE n’ont pas transposé dans les délais ce texte clé de la finance verte, attaqué de toutes parts. A Bruxelles, on ne doute pas que la portée de la CSRD sera affaiblie. La question est : dans quelle mesure ?
Le scrutin n’a pas renversé la table dans l’UE, il devrait surtout renforcer une tendance déjà à l'œuvre : la priorité n’est plus à la création de nouvelles normes vertes mais à la rationalisation de la réglementation actuelle dans les services financiers. Le rôle que joueront les élus d’extrême droite plus nombreux que jamais au Parlement de Strasbourg sera un facteur clé.
Le nom de la conservatrice allemande Ursula von der Leyen serait notamment en passe d’être approuvé par les Vingt-Sept pour un mandat de plus à la tête de la Commission. Reste toutefois l’obstacle du vote au Parlement européen. Tout sauf une formalité.
La France bénéficiera d’une marge de manœuvre au moment de transposer la directive européenne sur le devoir de vigilance adoptée par les Vingt-Sept le vendredi 24 mai. Néanmoins, tant sur le champ d’application que sur la perspective de sanctions contre les entreprises, la copie européenne laisse augurer un renforcement de la loi française de 2017.
Remis en cause ces derniers mois, le Green Deal n’en a pas moins été le fil conducteur à Bruxelles depuis 2019. Les multiples réformes climatiques adoptées promettent de transformer l’économie de l’Union et son secteur financier. Outre cette constante verte, ce sont les crises successives, du Brexit au choc de la guerre en Ukraine, qui ont profondément changé l’Europe.
Faire exister les industries vertes et numériques du Vieux Continent face à la concurrence internationale dopée aux subventions sera l’un des grands défis de l’UE. D'autant que d'autres, touchant à la souveraineté et à la sécurité, menacent de virer au casse-tête budgétaire.
Notation ESG, Solvabilité 2, antiblanchiment… Un nombre record de réformes sera soumis au vote des eurodéputés de mardi à jeudi, lors de la dernière session du Parlement européen avant les élections de juin.
Pour les Vingt-Sept, réunis jeudi à Bruxelles, le besoin d’orienter l’épargne des Européens vers l’industrie verte et la défense fait consensus. Place à l'«Union de l'épargne et de l'investissement».