Devoir de vigilance, protection de la biodiversité, produits agricoles ukrainiens… Voilà plusieurs mois que l’UE peine à faire aboutir des projets législatifs, remis en cause sur le fil par les Etats membres. De quoi inquiéter, à plus long terme, sur la viabilité de la machine à réformer de l’UE ? Tentative de réponse.
L’ampleur du déficit public français en 2023 (5,5% du PIB) promet de faire des remous jusqu’à Bruxelles, où le Pacte de stabilité européen est en passe d’être réactivé, dans une version réformée. A quel traitement doit s’attendre l’Hexagone, lui qui fait désormais partie du groupe restreint des très mauvais élèves en Europe ?
De l’encadrement des rétrocessions, aux garanties que les coûts des produits financiers ne sont pas excessifs, en passant par le travail des conseillers : les propositions initiales de la Commission sur la «Retail Investment Strategy» ont été sensiblement affaiblies par les eurodéputés.
Vendredi, les Etats membres de l’UE ont finalement approuvé la directive qui oblige les grandes entreprises à combattre les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur toute leur chaîne d’activité. Un compromis arraché en évidant une partie du texte.
Les Etats membres multiplient les pistes pour le prochain mandat européen en vue de donner un second souffle à ce projet lancé en 2015, mais qui peine à se matérialiser depuis. Les observateurs restent néanmoins dubitatifs.
De plus en plus consensuelle, l’idée d’ouvrir les opérations de la Banque européenne d’investissement à l’armement pourrait donner ses lettres de noblesse à un secteur encore boudé par de nombreux investisseurs institutionnels.
Mercredi à Bruxelles, Paris s’est retourné contre ce projet visant à forcer les grandes entreprises à combattre les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leurs chaînes d’activité. Son existence est désormais sévèrement menacée.
L'UE est engagée dans une course contre-la-montre pour sceller un maximum de réformes avant les élections européennes. La crainte est de voir le prochain Parlement remettre en cause les projets qui n’auraient pas abouti à temps, comme le Green deal, le devoir de vigilance, ou la notation ESG. Le temps pourrait finir par manquer. Explications.
Ces derniers mois, Bruno Le Maire avait pourtant mouillé la chemise pour défendre le dossier français. En Europe, le choix de Francfort a d’ailleurs fait lever quelques sourcils, l’Allemagne ayant connu une série de scandales financiers au cours des dernières années.
L’Union européenne a ajouté au projet initial de la Commission des «mesures de sauvegarde» automatiques, rendant les règles beaucoup plus contraignantes, a fortiori pour les mauvais élèves. Celles-ci font craindre le retour de «l’austérité» et inquiètent de nombreux économistes.