L’UE fait le pari de la transparence plutôt que celui d’imposer des normes méthodologiques aux agences de notation ESG. Celles-ci seront par ailleurs soumises à des règles assez strictes pour prévenir les conflits d’intérêts. Suffisant pour réhabiliter ce secteur clé de la finance verte aux yeux des investisseurs ?
Ce vendredi, un vote serré devrait décider du projet de directive visant à rendre les grandes entreprises responsables des atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leur «chaîne d’activités».
Face à l’avalanche administrative qu’incarne la nouvelle directive CSRD sur l’information extra-financière, la Commission européenne a décidé du report de standards supplémentaires, par secteurs, que l’UE risque, in fine, de renvoyer aux calendes grecques. Sauf qu’en l'occurrence, moins de normes ne serait paradoxalement pas synonyme de moins de travail pour les entreprises. Explications.
Filtrage des investissements dans les technologies sensibles, contrôle des exportations de biens à double usage... malgré un ton longtemps teinté d’urgence, la Commission opte, face à la réticence des Etats membres, pour une approche très crescendo.
La réforme, qui se fonde sur la création d’un nouveau gendarme, vise à européaniser la lutte antiblanchiment. Elle prévoit aussi de nouvelles dispositions, à commencer par l’interdiction des transactions en liquide au-dessus de 10.000 euros et l’extension de la liste des «entités assujetties» au-delà de la finance, au football, ou aux vendeurs de «biens de luxe».
Nouvelles mesures de vigilance visant les «personnes très fortunées», renforcement des registres des bénéficiaires effectifs des sociétés sur le front de la transparence financière, élargissement de la liste des entités assujetties aux lourdes règles européennes au-delà de la finance… Telles sont les principales mesures que l’UE pourrait acter cette semaine.
Assainissement du secteur des agences de notation ESG, «Listing Act» pour encourager les introductions en Bourse, révision du texte Emir afin de développer les chambres de compensation en Europe, stratégie pour l’investissement de détail… La nouvelle présidence belge du Conseil de l’UE a du pain sur la planche en matière de régulation financière.
Emblématique de la souplesse nouvelle de Bruxelles dans le domaine des aides d’Etat, l'octroi par l'Allemagne de 902 millions d'euros à l'entreprise Northvolt suscite la crainte d’une fuite en avant qui pourrait fragmenter le marché européen.
L'Agefi dresse le bilan de trois années de Brexit. La City de Londres a-t-elle souffert de la fuite massive d’activités vers le Vieux Continent que d’aucuns lui promettaient ? Le réchauffement des relations politiques entre l’Union européenne et le Royaume-Uni s’étend-il au secteur financier ? Ou bien est-on en train de s'orienter vers une inquiétante divergence réglementaire ?
Les coûts économiques de la sortie du marché européen se sont dilués dans le ralentissement de l’activité causé par la pandémie, puis par la guerre en Ukraine. Dans les faits, l’addition n’en est pas moins salée. Mais quid de la stratégie de la «Global Britain» par laquelle le Royaume-Uni devait juguler les dégâts en multipliant les accords de libre-échange avec des partenaires commerciaux alternatifs ?