La réouverture du détroit d’Ormuz, condition du cessez-le-feu américain en Iran, ne suffira pas à ramener le calme sur ce marché qui devra d’abord résoudre la congestion du trafic, remettre en route les installations et remplir à nouveau les stocks.
L’accord de cessez-le-feu en Iran a inversé la tendance sur les marchés. Mais certains actifs, comme le pétrole, les pays émergents ou les taux en zone euro ne retrouveront pas leur niveau d'avant-guerre, car la situation géopolitique et économique reste incertaine.
ExxonMobil et Shell ont publié des indicateurs préliminaires portant sur leurs performances financières au premier trimestre. En dépit d’impacts ponctuellement défavorables, le conflit au Moyen-Orient devrait nettement leur profiter.
Le cours du Brent est retombé sous 100 dollars le baril dans la nuit de mardi à mercredi après que Donald Trump a annoncé une trêve de deux semaines censée permettre la réouverture du détroit d'Ormuz. Les marchés d'actions et de taux affichent leur soulagement.
Le Brent et le WTI, des contrats à terme sur les prix du brut, ne sont qu’une partie de ce vaste univers complexe et varié, avec notamment un marché physique divisé entre l’Asie et l’Europe, aujourd’hui disloqué par le conflit.
Le blocage des prix appliqué par TotalEnergies devait prendre fin aujourd'hui. Le groupe pétrolier a décidé de maintenir les plafonds appliqués sur l'essence mais a remonté de 16 centimes celui sur le diesel.
Le conflit au Moyen-Orient et l'avènement de l'IA remettent en cause le crédit privé, un secteur qui traversait une période de prospérité. Face à ces menaces, les prêteurs se montrent de plus en plus sélectifs, privilégiant des cibles solidement ancrées dans le territoire pour leur tradition et leurs infrastructures.
L’écart entre ces deux références sur les marchés de futures sur le pétrole est normalement en défaveur du Brent. Cette inversion s’explique par la forte demande de livraisons immédiates. Le WTI est au plus haut depuis août 2022.
Tout comme les analystes n’étaient pas clairs sur les objectifs qui ont mené le président des Etats-Unis à déclencher la guerre en Iran, ils ne sont pas non plus d’accord sur les pressions qui le pousseront à l’arrêter. Au-delà des deux tiers d’Américains qui souhaitent une fin rapide, les raisons peuvent être multiples.
Le cours du pétrole chute et entraîne une hausse des actions et un repli des rendements d’Etat. Le président américain a évoqué une fin de la guerre dans les prochaines semaines après que son homologue iranien a déclaré avoir la volonté de mettre un terme au conflit.
Les prix ont augmenté de 1,7% dans l'Hexagone en mars après une hausse de 0,9% en février. La flambée des cours à la pompe explique largement cette accélération.
Malgré une forte présence au Moyen-Orient, le groupe français profite plus que ses concurrents de la hausse du prix du brut en Bourse. Il aurait réalisé un gain d’un milliard de dollars grâce à sa science du trading.
Les corrélations sont nombreuses entre la hausse des prix du pétrole ou de l’énergie et celles des prix agricoles. Encore plus quand 30% du commerce mondial des engrais agricoles transite par le détroit d’Ormuz. Mais les répercussions sont généralement plus longues sur les prix alimentaires.
Malgré la hausse des cours, le système pétrolier mondial a pu contenir le choc lié à la guerre en Iran depuis quatre semaines. Mais cette phase touche à sa fin. Même si la guerre s’arrêtait demain, le déséquilibre entre offre et demande de brut et de produits raffinés mettra du temps à se résorber.
Le ratio entre ces deux actifs a chuté depuis le début de la guerre en Iran, illustrant leur corrélation négative. Dans un même contexte macroéconomique tendu, ils ne sont pas animés par les mêmes moteurs.
Les cours du baril de pétrole ont à nouveau flambé jeudi alors que Téhéran a rejeté le plan de paix américain. Le risque d’une nouvelle escalade a fait chuter les marchés, avec une nouvelle envolée des taux.