La proportion d’actionnaires salariés continue de baisser en Europe
Eres, premier acteur indépendant en matière d’épargne salariale, de retraite et d’actionnariat salarié, dresse pour la 4ème année consécutive un panorama de l’actionnariat salarié en France et en Europe. Concernant la France, l’analyse porte sur les entreprises du SBF120 et leurs opérations d’augmentations de capital.
La France, championne de l’actionnariat salarié en Europe… Le pays où l’actionnariat salarié est le plus présent en Europe est la France : 45 % des salariés sont actionnaires de leur entreprise. Ainsi, 80 % des entreprises cotées proposent un plan collectif. En 2014, cela a représenté 3,4 % de la capitalisation du SBF120. Devant ce constat satisfaisant pour la France, le président de fédération européenne de l’actionnariat salarié, le belge Marc Mathieu, émet cependant un signal d’alarme s’agissant de la situation européenne qui globalement se dégrade pour la 3ème année consécutive en 2014. La Grande-Bretagne devance l’Europe continentale grâce à une politique fiscale très incitative depuis 2014. A noter aussi que l’actionnariat salarié est bien plus développé aux Etats-Unis, avec 30 millions d’actionnaires - dont 10 millions dans les sociétés non-côtées -, tandis que l’Europe en compte dix millions dont un million dans les structures non-côtées. La raison : des incitants fiscaux très importants, en particulier au profit des PME non cotées.
… mais la France, tout comme l’Europe, voit sa situation se dégrader. La France, à l’instar de l’Europe, voit son taux de démocratisation reculer depuis plusieurs années. C’est-à-dire le nombre d’actionnaires salariés rapporté au nombre total de salariés. L’explication provient de décisions politiques négatives en France avec notamment la hausse du forfait social qui est passé de 2 % en 2009 à 20 % en 2012. Selon Marc Mathieu, les dispositions contenues dans la loi Macron ne devraient pas améliorer ce sort. Marc Mathieu et la société Eres appellent à la vigilance. Eres observe également que si le taux de détention par les salariés est stable en 2014, celui du CAC40 reste deux fois plus élevé que celui du NEXT80, une situation qu’Olivier de Fontenay, associé chez Eres explique par la taille plus petite des entreprises du NEXT80 et du «coût important de ces plans collectifs notamment lorsqu’ils sont déclinés à l'étranger». Cependant, en 2014, le nombre d’augmentations de capital réservées aux salariés baisse dans le CAC40 et augmente dans le NEXT80.
Gouvernance. Par ailleurs, l'étude Eres s’est intéressée à l’impact de la loi Florange - qui instaure une automaticité du droit de vote double au profit des actions dénominatives, sauf décision contraire en assemblée générale - sur l’actionnariat salarié. «Si l’actionnariat salarié offre la stabilité, il peut aussi, avec l’instauration d’un droit de vote double, gêner les autres actionnaires qui estiment le poids des actionnaires salariés trop importants en termes de gouvernance», fait observer Jérôme Dedeyan, président d’Eres. En 2014, plus de la moitié des entreprises du SBF120 appliquent le droit de vote double, et les salariés pèsent un peu plus de 5 % des droits de vote.
Opérations d’actionnariat salarié en 2014. En 2014, 27 augmentations de capital ont été réalisées, pour un montant de 94 millions d’euros, soit environ 5.200 euros en moyenne par salarié, un chiffre relativement élevé en comparaison de la situation européenne. 60 % des entreprises ont proposé la souscription via un FCPE seulement, et 40 % via un FCPE et en direct. Pour Eres, la meilleure façon d’inciter à la souscription de ces actions par les salariés est le recours à l’abondement. L’abondement sous la forme d’actions gratuites est d’ailleurs ce qui a séduit le plus les entreprises en 2014. Rappelons en effet, que l’opération n’est pas soumise au forfait social. «Le levier de la décote a, quant à lui, plus d’impact dans les sociétés non cotées», précise Jerôme Dedeyan.
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