Réussir son expatriation en Allemagne
Par Eric Foy ; Responsable de la Gestion privée internationale en Allemagne pour Equance
L’Allemagne dispose de régimes juridiques et fiscaux aux caractéristiques assez similaires à la France. Plusieurs spécificités doivent toutefois être relevées, afin d’attirer l’attention des français qui ont le projet de s’expatrier ou ceux qui sont d’ores et déjà installés.
, L’impôt sur le revenu
,
, La France et l’Allemagne ayant signé une convention fiscale, les revenus de source allemande et/ou française ne feront pas l’objet de double imposition. Le ministère des Finances du land de résidence est l’interlocuteur pour ce qui concerne l’imposition sur le revenu. Les salariés en Allemagne perçoivent un salaire net d’impôt, car l’impôt est directement prélevé à la source et payé par l’employeur. Contrairement au système français, l’IR allemand est un barème progressif et non par tranches. Ce taux compris entre 14 % et 45 % est donc beaucoup plus favorable qu’en France (Il n’y a pas d’équivalent de CSG/CRDS supplémentaire). La déclaration d’impôts annuelle vous permettra, entre autres, de déduire de vos impôts certains frais (déplacements, allocations familiales, prévoyance, assurance maladie).
, Revenus fonciers
,
, Depuis l’année fiscale 2009, les revenus fonciers de source française d’un résident fiscal en Allemagne doivent être uniquement déclarés en France. Ils ne rentrent pas dans le calcul de l’assiette fiscale en Allemagne.
, Il est alors intéressant pour un français résident fiscal allemand d’investir dans des produits immobiliers générant des revenus en France où son niveau d’imposition risque d’être fortement inférieur à son niveau d’imposition allemand.
, Revenus de valeurs mobilières
,
L’impôt sur les revenus mobiliers est inférieur à celui qui est applicable en France. Le taux est de 26,375 % en Allemagne sur tous les produits (intérêts, dividendes, plus-values de ventes d’action, stock option).
, Ce taux étant inférieur à la flat tax en France, il peut être opportun d’arbitrer d’anciens contrats d’assurance vie en France. C’est l’occasion de réfléchir et investir dans d’autres supports.
Les régimes matrimoniaux : attention à une éventuelle mutabilité
, Alors que le régime matrimonial légal en France (sans contrat de mariage) est la communauté réduite aux acquêts, c’est le régime de la participation aux acquêts qui est en vigueur de l’autre côté du Rhin. Autrement dit en Allemagne, en cas de divorce c’est le régime de la séparation de biens qui s’applique alors qu’en cas de décès, la liquidation du régime est réalisée selon les règles d’un régime de communauté. Dans certains contextes dépendant de la date du mariage et de la durée de résidence en Allemagne, des époux français mariés sans contrat peuvent donc voir leur régime légal français muter au profit du régime allemand en l’absence de démarche il est donc important de s’informer auprès d’experts pour éviter cette mutabilité
,
Donations / Successions
,
, Le contexte fiscal des donations et successions est bien plus favorable en Allemagne qu’en France et ce de manière très sensible. Pour ne citer qu’un exemple : les donations entre époux sont exonérées d’impôt jusqu’à 500 000 € et 400 000 € lors d’une donation à un enfant. Le régime des successions l’est tout autant avec des taux d’imposition plus faibles qu’en France pour des seuils financiers plus élevés.
,
Le contrat de travail en droit local : pallier les risques
,
, Lorsque l’expatrié signe un contrat de droit local, il disposera d’un régime d’indemnisation allemand très réduit en cas de chômage. Les limites d’indemnisations dans le temps et les montants sont largement inférieurs au système français. Il est donc important d’anticiper ce risque et de mettre en place des solutions patrimoniales pour disposer de revenus complémentaires en cas de difficultés. Des supports financiers et immobiliers peuvent être conseillés pour générer des revenus complémentaires et permettre de constituer une épargne de précaution (Assurance vie Luxembourgeoise, contrats de capitalisation, SCPI, loueur en meublé...).
,
Plus d'articles du même thème
-
Le budget 2027 cible des montages assurantiels marginaux au Luxembourg
Derrière la volonté de juguler l'exode des capitaux vers des enveloppes étrangères et notamment luxembourgeoises, le projet de loi de finances vise en réalité un nombre de contrats limité, pour une recette de quelque cinquante millions d'euros. -
L'Italie compte prélever 10,7 milliards d’euros de plus au secteur financier d’ici 2029
Cette nouvelle ponction s’ajoute aux 12 milliards d’euros que le gouvernement souhaite déjà réclamer aux banques et aux assureurs d'ici 2028 via une hausse d'impôt. Le détail précis des modalités de collecte n'est pas encore connu. -
Le Conseil des prélèvements obligatoires soutient le recentrage de l’apport-cession
Un encadrement plus strict du mécanisme de report d’imposition permettrait de renforcer la progressivité de l’impôt en haut de la distribution, estime l’instance rattachée à la Cour des comptes.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- La grande illusion du conseil indépendant
- Benoît Renaud (Unofi) « Les clients des notaires n’ont jamais été autant demandeurs d’analyses patrimoniales »
- Les SCPI décotées pourraient mieux absorber la crise de l'immobilier
- AllianzGI domine la collecte des fonds français au troisième trimestre
- Les investisseurs anticipent une nouvelle saison de résultats exceptionnelle
Contenu de nos partenaires
-
« Nous ne sommes pas satisfaits » : la FNSEA envisage des manifestations d'agriculteurs à Bruxelles contre le budget européen
Le principal syndicat agricole temporise quant au risque d’une explosion de la colère en France, cet hiver, mais annonce qu’une mobilisation devant la Commission européenne est à l’étude -
Marine Le Pen et le Conseil constitutionnel : les dessous d’un bras de fer
En réclamant la démission de Richard Ferrand, Marine Le Pen entre en conflit ouvert avec les Sages. Derrière l’affrontement, une question stratégique : comment appliquer son programme sans se heurter aux règles constitutionnelles, ni donner le sentiment de vouloir passer en force ? -
Sociétés civiles de placement immobilier : la crise n’est pas finie !
Vendue avant 2020 comme étant un placement sans surprise, la société civile de placement immobilier ne l’est pas. Le marché a fait le tri entre les patrimoines. Certaines SCPI n’ont pas vu leur valeur liquidative chuter et affichent des rendements alléchants, mais d’autres en revanche ne sont toujours pas tirées d'affaire. Des investisseurs qui veulent sortir restent piégés, d’autres sortent à tout prix. Même si cela ne représente qu’une partie du marché, cela oblige à repenser l’investissement dans la pierre-papier. D’autant que la hausse des taux pèsera sur les prix de parts.