Plafonnement de l’IFI : les plus-values doivent être retenues pour leur valeur brute
Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (1), le Conseil constitutionnel a validé le 15 janvier dernier l’actuel mode de calcul du plafonnement de l’IFI.
Pour rappel l’impôt sur la fortune immobilière est plafonné en fonction des revenus du contribuable. Ainsi, le cumul de l’impôt sur la fortune immobilière et des impositions sur les revenus ne peut excéder 75 % du total des revenus du contribuable. « Les plus-values ainsi que tous les revenus sont déterminés sans considération des exonérations, seuils, réductions et abattements prévus au présent code, à l’exception de ceux représentatifs de frais professionnels » (art. 979 du code général des impôts).
En l’espèce le requérant reprochait à l’administration d’inclure dans le revenu en fonction duquel est plafonné l’impôt sur la fortune immobilière le montant brut des plus-values qu’ils avaient réalisées, sans leur appliquer ni abattement pour durée de détention ni aucun autre correctif tenant compte de l’érosion monétaire affectant leur valeur réelle. Ce qui selon lui avait pour effet de majorer artificiellement les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement. Un dispositif que le contribuable a contesté la conformité devant le Conseil constitutionnel.
Une requête rejetée par le Conseil qui a jugé conforme les dispositions attaquées, au motif que les plus-values brutes étaient à juste titre intégrées aux revenus du contribuable dans la mesure où il s’agissait des sommes réalisées dont ce dernier avait disposé au cours de la même année. Par conséquent, il n’y avait pas lieu d’appliquer un quelconque coefficient d’érosion monétaire entre la date d’acquisition des biens ou droits et celle de leur cession.
(1) Décision n° 2018-755 QPC du 15 janvier 2019
Plus d'articles du même thème
-
Le régime fiscal des Sofica menacé par l’incertitude budgétaire
Arrivé au terme de son cycle triennal fin 2026, le dispositif fiscal des Sofica doit être expressément reconduit par le Parlement. Une absence de prolongation en cas de blocage budgétaire fragiliserait le financement de l’industrie du cinéma, même si ce scénario reste, à ce stade, assez hypothétique. -
Sandrine Quilici (Norman K) : « Les activités éligibles au réinvestissement en cas d’apport-cession restent entourées d’incertitudes »
Consacré au régime de l’apport-cession, le dernier commentaire de l’administration fiscale apporte peu de réponses nouvelles quant à la frontière entre gestion patrimoniale et activité opérationnelle immobilière, estime Sandrine Quilici, directrice de l’ingénierie patrimoniale de Norman K. -
De nouvelles cyberattaques ont ciblé les fichiers cadastraux et les successions vacantes
Touchée par deux nouvelles attaques, la Direction des Finances publiques confirme la compromission de 1,8 million de dossiers cadastraux, tout en minimisant la sensibilité des données dérobées.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Clémentine Gallès (Société Générale Private Banking) : "Concernant l'IA, plusieurs questions restent ouvertes"
- SCPI : Les plateformes de gré à gré s’imposent comme une alternative aux sociétés de gestion
- La gestion de patrimoine britannique frôle l'hyper-concentration
- La zone euro confirme sa reprise estivale
Contenu de nos partenaires
-
Sondage exclusifLa tenaille des extrêmes se resserre sur le bloc central
Gabriel Attal et Edouard Philippe ne parviennent pas à se départager et agitent le spectre d'un duel des extrêmes au second tour de l'élection présidentielle -
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée