Le plan de la BCE pour lutter contre le spectre de la déflation
La BCE a décidé de sortir l’artillerie lourde. L’institution de Francfort a annoncé ce jeudi un renforcement de ses mesures de soutien à l’inflation, pour la deuxième fois en trois mois. Les deux principaux points attendus par les marchés concernent le taux de dépôt et le montant du programme de rachat d’actifs mis en place dans le cadre de l’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE). La BCE a revu le premier à la baisse (de -0,30 à -0,40%) et le second à la hausse (à 80 milliards d’euros par mois au lieu de 60 milliards jusqu'à présent). Fait nouveau, les obligations en euros des entreprises non financières en catégorie investment grade(celles de meilleure qualité) seront désormais couvertes par le QE.
A lire : Le communiqué de la BCE sur les annonces de renforcement du QE
La BCE a également annoncé la baisse de son taux de refinancement de 0,05% à 0% et dutaux de la facilité de prêt marginal de 0,30% à 0,25%. Elle procédera enfin à partir du mois de juin à quatre nouvelles opérations de prêts de liquidités à long terme (TLTRO) aux banques de la zone euro. Le taux des TLTRO pourra atteindre le taux de dépôt, a précisé Mario Draghi, le président de la BCE lors de sa conférence de presse. «Avec le paquet complet de décisions de politique monétaire annoncé aujourd’hui, nous fournissons un stimulant monétaire substantiel pour contrer les risques accrus pesant sur l’objectif de stabilité de la BCE», a déclaré Mario Draghi.
La réaction sur les marchés ne s’est pas faite attendre. Saluant ce nouveau«bazooka» de la BCE, la Bourse de Paris progressait de 1,84% quelques minutes après ces annonces et celle de Francfort gagnait 1,9%. Les banques de la zone euro prenaient quant à elles près de 5% dans l’après-midi. Après avoir chuté à 1,086 dollar après cette annonce, l’euro se reprenait à 1,1070 pendant la conférence de presse du patron de la banque centrale où il a notamment annoncé ne pas anticiper qu’il soit nécessaire de baisser davantage les taux d’intérêt.
«Bien que les annonces de la BCE ne transformeront pas le paysage économique global, elles sont en conformité avec l’ambition de la banque centrale de rendre moins chers les coûts de financement des entreprises qui souhaitent investir et de réduire les incitations à épargner plutôt qu'à dépenser», réagitToby Nangle, gérant et responsable multiclasse d’actifs chez Columbia Threadneedle Investments.
«Les achats d’actifs se poursuivront jusqu'à ce qu’il y ait une hausse de l’inflation vers l’objectif» (de 2%, ndrl), a expliqué Mario Draghi. Pour le moment, le programme est prévu jusqu'à mars 2017 mais le président de la BCE a précisé qu’il pourrait s'étendre au-delà«si nécessaire». Sur le sujet, le pessimisme est plutôt de mise. Mario Draghi a indiqué que la BCE revoyait à la baisse ses prévisions d’inflation pour 2016 (0,1% contre 1% prévu en décembre), et pour 2017 (1,3% contre 1,6%). Idem pour les objectifs de croissance (1,4% contre 1,7% en 2016 et 1,7% contre 1,9% en 2017).
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint revient en vue de ses plus hauts en Bourse après le relèvement de ses objectifs
Porté entre autres par sa branche d'infrastructures Energy Capital Partners (ECP), le gérant d'actifs privés britannique relève ses prévisions de résultat ainsi que son dividende. -
EXCLUSIFTwenty First Capital gagne du temps dans la course à la reprise des actifs de Xerys Invest
Lors du passage de témoin entre les deux sociétés de gestion, Biolog a été placée en redressement judiciaire et PowiDian Energy liquidée. Dans le même temps, TwentyFirst Capital a demandé à l’AMF un nouveau délai pour boucler une levée de 35 millions d’euros. -
Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
Les cours des grandes banques du Vieux continent plongent à des plus bas inédits depuis début juillet après la nouvelle hausse des rendements des obligations souveraines européennes et américaines.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
- La France met le prix pour placer sa dette
- La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
- L’Autorité des marchés rappelle à l'ordre les acteurs du financement participatif
- A Patrimonia, l’opportunisme prime sur les inquiétudes
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionLoi bavarde : à Matignon, Sébastien Lecornu n'a pas freiné la multiplication des normes, bien au contraire
Malgré les discours volontaristes, la France n'a toujours pas guéri de la « maladie normative » qu'Emmanuel Macron promettait de soigner en 2017. Depuis un an que Sébastien Lecornu est à Matignon, les normes ont crû de 3,6 %, selon les calculs que Christophe Eoche-Duval expose en exclusivité dans l'Opinion -
Tribune libreProtéger nos enfants : l'urgence d'un soutien aux parents
Députée Droite républicaine du Jura, Justine Gruet a déposé en octobre 2025 une proposition de loi « visant à la reconnaissance et à la prévention de la maltraitance inconsciente des enfants liée à l’exposition excessive aux écrans, à la mauvaise alimentation et à la sédentarité » -
Une prime de 83 mois de salaire : chez Micron, la bataille du partage des bénéfices de l'IA
Face à des profits records, les salariés taïwanais de la société Micron réclament une juste répartition des bénéfices générés. La direction leur proposait une prime comprise entre 35 et 68 mois de salaire, mais ce n’est pas suffisant pour les syndicats