Quelle sera l’incidence pratique des règlementations MIF II et Priip ?
Selon David Charlet, la règlementation MIF II et Priip, « n’est pas une révolution en soi dans la mesure où la plupart des textes sont fortement patinés de règles françaises. Le problème pour nos métiers, c’est la multiplication des textes. On pourrait en citer d’autres qui arriveront à maturité au même moment». En cause, les explications techniques complémentaires qui rendent plus complexes les textes initiaux. Mais aussi des délais très contraints de mise en œuvre.
Les délais en question.
Pour David Charlet, «il faudrait un à deux ans pour correctement appliquer les textes alors qu’on va nous laisser moins de trois ou quatre mois». Banquiers, assureurs et sociétés de gestion font valoir qu’ils ne disposent pas du temps suffisant pour intégrer ces réformes dans le délai imparti. D’ailleurs, «on nous dit que ça va changer, avec une révision d’ici un ou deux ans», ce qui «aurait dû être le temps d’adaptation du texte initial».
L’impératif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT) en livre une autre illustration. «Ce texte était censé être applicable cet été mais on sait que l’on ne disposera des textes pour pouvoir l’appliquer cet été seulement».
La protection des consommateurs et des intermédiaires.
«On diminue le risque», relève David Charlet. «Les taux d’incidents sur nos professions sont quasiment inexistants. La masse totale d’escroquerie dans nos métiers correspond à 50 à 60 % du surcoût d’un fonds qui ce serait trompé dans sa facturation».
«Si on regarde les erreurs commises dans nos métiers, leur niveau diminue », poursuit le dirigeant. «Les médiations chez nous on était divisés par 4. En assurance, sur les membres de l’Anacofi on est à 0, à comparer aux dizaines de milliers constatés pour les autres corps de métier rattachés au même médiateur».
Plus d'articles du même thème
-
Christian de Kerangal (IEIF) «Le secteur immobilier a trop peu investi dans la R&D»
La recherche et développement (R&D) ne représente qu'aux environs de 0,9% du chiffre d’affaires des promoteurs et constructeurs a pointé Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière), lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L’Agefi le 8 octobre 2026. Un budget qu’il estime pourtant essentiel pour construire et «produire la ville» de façon moins coûteuse dans un contexte de crise de l’industrie. -
Charlotte Gourdais (Carac) : «Nous allons profiter du momentum de la hausse des taux pour saisir certaines opportunités»
L'immobilier, sous forme directe ou indirecte, représente près de 13% des actifs du groupe Carac, mais l'heure est à l'arbitrage. Charlotte Gourdais, responsable immobilier du groupe, a partagé ses convictions lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Pierre-Yves Guice (Paris La Défense) : «L'offre de bureau est surdimensionnée à l'échelle du Grand Paris»
Le quartier de la Défense se redessine pour maintenir son rôle de moteur économique. Le directeur général de Paris La Défense s'est exprimé à l'occasion du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés. -
Bertrand Hassani (Quant AI Lab) : «Le futur de la banque, c’est la connexion de tous les systèmes d’information»
Interviewé à l’occasion de l’événement Bank Acceleration, qui s’est tenu le 6 octobre, au Palais Brongniart, Bertrand Hassani, directeur général de Quant AI Lab, a évoqué les avantages d'une IA distribuée pour répondre notamment aux besoins du secteur bancaire. -
Maya Atig (FBF) : «Il faut accepter de l’investissement long»
A l’occasion de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, nous avons reçu sur notre plateau TV, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, afin d’évoquer les limites de la réglementation, mais aussi les enjeux liés à la souveraineté des données bancaires et à la rétention des talents dans la tech notamment.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.