La banque privée KBL met la France en tête de ses priorités

Le groupe luxembourgeois veut continuer à racheter des fonds de commerce en Europe pour atteindre partout au moins cinq milliards d’euros d’encours.
Amélie Laurin

Quatre ans après son rachat par le fonds qatari Precision Capital, KBL European Private Bankers garde intact son appétit de croissance externe. «Nous avons le plein soutien de notre actionnaire si nos acquisitions deviennent plus grosses et nécessitent une augmentation de capital », déclarait hier Yves Stein, directeur général du groupe, lors de la présentation de ses résultats annuels. «Nous voulons être dans le Top 3 des banques privées pures (hors filiales de grands groupes bancaires, ndlr) dans chaque pays où nous sommes », poursuit le dirigeant, intéressé par des cibles valant jusqu’à «300 à 350 millions d’euros».

Après le rachat des activités belges d’UBS fin 2014, d’une boutique britannique l’an dernier et celle, à venir, de la banque privée néerlandaise de BNP Paribas, « la France est notre priorité stratégique », assure Yves Stein. A Paris, il mise à la fois sur « la croissance organique, les recrutements et la croissance externe » pour doubler les encours de la filiale locale KBL Richelieu et atteindre 5 milliards d’euros. Encore en dessous de ce seuil critique, « la France et l’Espagne sont les deux pays où on est encore en train de ‘ramer’», concède Yves Stein. S’y ajoute Monaco, où le marché local et frontalier est plus limité, et la Suisse où KBL a préféré vendre son fonds de commerce à son compatriote BIL, dont l’actionnaire principal est également Precision Capital.

Si l’implantation espagnole date de 2011, la banque KBL (KBC à l'époque) s’est agrandie à Paris dès 2008 en rachetant Richelieu Finance. Un an plus tard, le groupe affichait déjà les mêmes ambitions qu’aujourd’hui, mais ses encours étaient alors supérieurs, à 3,1 milliards d’euros. Alors qu’« il n’y a pas eu beaucoup de transactions sur le marché français » ces dernières années, la future réglementation européenne « Mifid 2 va accélérer la consolidation, c’est un changement de paradigme pour le marché français », estime Yves Stein. Face à la « baisse des marges programmée » dans Mifid 2, le groupe s’estime bien armé pour s’adapter à la transparence des frais grâce à son expérience aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Avec 49 milliards d’euros d’actifs sous gestion et 43 milliards en conservation de fonds, KBL n’a pas atteint en 2015 son objectif de résultat net de 100 millions d’euros. Mais ses profits annuels ont crû de 22%, à 81 millions d’euros, grâce à des plus-values de cession (KBL Suisse, assurance vie au Luxembourg et immobilier).

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles Banque privée

Contenu de nos partenaires

Les plus lus de
A lire sur ...