Capgemini va céder sa filiale américaine impliquée dans la chasse aux migrants
Capgemini a choisi de trancher dans le vif. Dix jours après la révélation d’un contrat signé en décembre dernier aux Etats-Unis avec la police fédérale de l’immigration (ICE), le groupe français de services numériques a annoncé dimanche 1er février qu’il mettait en vente sa filiale ‘Capgemini Government Solutions’, spécialisée depuis une quinzaine d’années dans les services apportés au gouvernement fédéral américain. Cette filiale, qui représentait l’an dernier 0,4% de son chiffre d’affaires global et moins de 2% de ses revenus aux Etats-Unis, a été critiquée pour avoir fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères.
L’administration Trump, engagée dans une vaste campagne anti-immigration, utilise cette police pour accroître le nombre des expulsions en n’hésitant pas à recourir à des méthodes brutales. Dans le sillage d’un conseil d’administration extraordinaire tenu ce week-end, Capgemini a expliqué dans un bref communiqué que «les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale», en vue de rester cohérent avec ses objectifs. Le processus de cession de cette entité «sera initié immédiatement», a-t-il ajouté.
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Un contrat initial de 4,8 millions de dollars
Selon des documents émanant du gouvernement fédéral, le contrat d’un montant initial de 4,8 millions de dollars pouvait grimper jusqu’à 365 millions de dollars en fonction des résultats atteints. Le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, a déclaré la semaine dernière sur LinkedIn qu’il avait découvert «par des sources publiques» l’existence de ce contrat. Il a ajouté que cette filiale américaine prenait ses décisions de manière autonome et que la maison mère était «dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée ou à des contrats classifiés». Dans un message adressé aux salariés, le groupe a également souligné que ce contrat litigieux «faisait l’objet d’un recours».
En France, plusieurs dirigeants syndicaux et politiques ont interpellé Capgemini sur sa responsabilité dans cette affaire. «La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne», avait ainsi réaffirmé jeudi dernier le ministre de l’Economie, Roland Lescure, lors de ses vœux à la presse. Après la promesse de désengagement prise par le groupe, «il y a une forme de satisfaction de voir que les revendications des syndicats et des salariés ont été entendues», a estimé Frédéric Bolloré, délégué CFDT au sein de Capgemini.
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