Capgemini veut s’offrir WNS pour 3,3 milliards de dollars
Le groupe de services numériques Capgemini a annoncé lundi avoir signé un accord définitif portant sur l’acquisition du spécialiste de la transformation numérique des activités et des services WNS pour un montant avant dette de 3,3 milliards de dollars (environ 2,8 milliards d’euros).
L’annonce était accueillie fraîchement par les investisseurs. En Bourse, l’action Capgemini a perdu lundi 5,6% dans un marché parisien globalement stable.
Cette opération, que Capgemini s’attend à boucler d’ici la fin de l’année, a pour but de créer un «leader en opérations intelligentes, afin de capter les investissements des entreprises dans l’IA agentique destinés à transformer leurs processus métiers de bout en bout», a indiqué le groupe dans un communiqué.
«L’acquisition de WNS par Capgemini apportera au groupe la taille critique et l’expertise sectorielle nécessaires pour saisir cette opportunité stratégique en pleine émergence», a commenté le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, cité dans le communiqué.
La mutation des services de gestion des processus métiers (BPS) traditionnels en opérations intelligentes basées sur l’IA agentique est un «changement de paradigme», a ajouté le dirigeant, car elle représente une transformation de services à forte intensité de main-d'œuvre en services fondés sur le conseil et pilotés par la technologie. L’IA agentique désigne un système d’intelligence artificielle capable de prendre des décisions de manière autonome.
Dans le cadre de ce rachat, Capgemini offre une contrepartie en numéraire de 76,50 dollars (USD) par action WNS, une société cotée à la Bourse de New York, ce qui représente une prime de 28% par rapport au cours moyen des 90 derniers jours, de 27% par rapport au cours moyen des 30 derniers jours et de 17% par rapport au dernier cours de clôture en date du 3 juillet 2025, a précisé le groupe.
Capgemini a indiqué avoir sécurisé un financement relais de 4 milliards d’euros couvrant l’acquisition des actions (3,3 milliards de dollars), ainsi que la dette brute et obligations similaires pour environ 0,4 milliard de dollars et l’emprunt obligataire de 0,8 milliard d’euros remboursé en juin 2025. Ce financement relais sera «refinancé au moyen de la trésorerie disponible pour environ 1 milliard d’euros et le solde par endettement sous forme d'émissions obligataires», a précisé Capgemini.
A lire aussi : Capgemini, Mistral et SAP déploient des offres d'IA pour les secteurs sensibles
Plus de 150 millions d’euros de synergies
Le rachat devrait avoir un impact relutif de 4% sur le résultat normalisé par action de Capgemini en 2026, avant prise en compte des synergies que génèrera le rapprochement des deux entités, a souligné le groupe.
Capgemini prévoit des synergies de chiffres d’affaires en rythme annuel de 100 millions à 140 millions d’euros d’ici à fin 2027 et les synergies de coûts et de modèle opérationnel sont attendues en rythme annuel entre 50 millions et 70 millions d’euros avant impôts d’ici à fin 2027.
«L’impact relutif de ces synergies sur le résultat normalisé par action devrait atteindre 7% en 2027», a ajouté Capgemini.
Chiffre d’affaires combiné de près de 2 milliards d’euros
Au cours de son exercice décalé 2024-2025, clos le 31 mars, WNS a enregistré un chiffre d’affaires de 1,27 milliard de dollars, avec une marge opérationnelle de 18,7%, a indiqué Capgemini.
En 2024, les activités BPS de Capgemini avaient dégagé un chiffre d’affaires de 0,7 milliard d’euros sur un total de 22,1 milliards d’euros pour l’ensemble du groupe. Combinées à WNS, elles représenteraient ainsi un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros sur le dernier exercice, a calculé Capgemini dans une présentation aux investisseurs.
D’un point de vue géographique, cette acquisition va accroître les revenus du groupe aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et contribuer à réduire sa dépendance aux marchés européens, dont le poids dans le chiffre d’affaires passerait ainsi d’environ 51% à 49% pour 2024.
Capgemini a par ailleurs confirmé ses objectifs financiers pour 2025, tout en soulignant que ceux-ci ne tenaient pas compte du rachat de WNS.
Le groupe publiera ses résultats pour le premier semestre comme prévu le 30 juillet prochain avant Bourse.
Plus d'articles du même thème
-
Alibaba place 8,75 milliards d’euros pour financer sa course à l'IA
Le groupe chinois a fixé le prix de son placement de 710 millions d'actions nouvelles, la plus importante opération de ce type jamais réalisée sur la place hongkongaise. Le règlement est attendu mercredi. -
Nvidia met en lumière son pouvoir de prix
Des clients du producteur de puces ont été informés de hausses de prix liées à l'IA supérieures à 15 %. -
Le patron d’Azimut plaide pour un grand pôle italien de la gestion d'actifs
En pleine consolidation bancaire italienne, Pietro Giuliani regarde déjà vers l'étape suivante : celle où, une fois redessinés les équilibres de la banque, il faudra s’attaquer au dossier de la gestion d’actifs. Dans deux entretiens, l’un à La Stampa et l’autre à Milano Finanza, le président-fondateur d’Azimut met en avant le même sujet : la nécessité de défendre et de renforcer une filière italienne de l'épargne, en évitant que le savoir-faire, la clientèle et les capacités de gestion ne finissent progressivement entre les mains d’acteurs étrangers.
ETF à la Une
Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- La BCE craint une correction boursière liée à l’IA
- La tension sur les taux rompt la torpeur estivale
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- Scott Bessent se porte au secours des Treasuries
- Stellantis écorne un peu plus son image en rappelant près d'un million de véhicules
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesValérie Pécresse esquisse un rapprochement avec Edouard Philippe
La présidente (LR) de la région Île-de-France a salué les déclarations d’Édouard Philippe sur l’immigration, y voyant « des signes de convergence politique très intéressants » avec LR -
Au topBourses mondiales : c'est haut, mais est-ce cher ?
Si l'été a violemment secoué les marchés de taux d'intérêt, il a été marqué par une série de records sur les indices boursiers américains et européens -
« Nous ne sommes pas vos copains » : pourquoi Jean-Luc Mélenchon s’en prend aux préfets
Les propos du leader insoumis qui ont indigné dimanche la droite et l’extrême droite sont le reflet d’un contentieux récurrent entre LFI et le corps préfectoral.