Après un exercice sans relief, Capgemini aborde 2025 avec prudence
L’action Capgemini accuse mardi la plus forte baisse de l’indice SBF 120, alors que les dirigeants du groupe de services numériques ont fait part de perspectives pour l’exercice 2025 qualifiées de «prudentes» par la plupart des analystes.
En Bourse le mardi 18 février le titre a chuté de 10,2%, à 166,50 euros. Au cours actuel, la valeur ne progresse plus que de 6,3% depuis le début de l’année, contre un gain de 17,3% affiché lundi soir.
Dans un contexte marqué par la difficulté à évaluer la dynamique de ses marchés finaux, Capgemini n’a aucune certitude de voir la croissance de ses revenus redémarrer cette année. Pour 2025, le groupe anticipe une évolution de son chiffre d’affaires allant d’une baisse de 2% à une progression de 2% à taux de change constants, soit une parfaite stabilité au point médian, alors que les analystes tablaient sur une croissance de 0,9%.
Les autres objectifs établis par Capgemini pour l’exercice en cours, à savoir une marge opérationnelle de 13,3% à 13,5% et un flux de trésorerie disponible organique d’environ 1,9 milliard d’euros, s’avèrent aussi légèrement inférieurs aux estimations des analystes. Ces derniers escomptaient une marge opérationnelle de 13,5% et un flux de trésorerie disponible organique de 1,96 milliard d’euros pour la période.
Nouvel exercice de transition
En ce début d’année, Capgemini fait face à un environnement incertain, notamment en Europe et dans le secteur de l’industrie, remarque Invest Securities. Pour le seul premier semestre de cette année, l’entreprise prévoit un recul de son chiffre d’affaires comparable à la baisse de 1,1% à taux de change constants accusée au quatrième trimestre de 2024, tandis que les intermédiaires financiers espéraient un repli limité à 0,5%.
Bien que «nous pensons que les dirigeants se montrent volontairement prudents, afin de battre et de relever leurs objectifs au cours de l’année», le début de 2025 s’annonce «particulièrement difficile» pour Capgemini, commente Oddo BHF dans une note envoyée à ses clients. Les six premiers mois de cette année seront peu enthousiasmants, appuie JPMorgan.
Au grand dam des investisseurs, 2025 s’annonce comme un nouvel exercice de transition pour le groupe, dont les résultats du millésime 2024 comportaient bien peu de relief. L’an passé, Capgemini a vu son chiffre d’affaires de 22,1 milliards d’euros refluer de 2% à taux de change constants et son taux de marge opérationnelle se stabiliser à 13,3% par rapport à 2023. Les prises de commandes ont représenté 23,82 milliards d’euros en 2024, en baisse de 0,5% sur un an à taux de change constants.
Jean-Marc Chéry pourrait intégrer le conseil d’administration
Le groupe a par ailleurs indiqué que son conseil d’administration avait décidé de proposer à l’assemblée générale prévue le 7 mai prochain le versement d’un dividende de 3,40 euros par action au titre de 2024, identique à celui payé pour 2023. «Le taux de distribution du résultat net, part du groupe, s'établirait ainsi à 35% conformément à la politique historique de distribution du groupe», a précisé Capgemini.
Lors de l’assemblée générale de mai prochain, le conseil d’administration de Capgemini prévoit aussi de proposer le renouvellement du mandat d’administrateur de Patrick Pouyanné et de Kurt Sievers, ainsi que la nomination de Jean-Marc Chéry en qualité de nouvel administrateur, pour une durée de quatre ans. «Cette proposition répond à l’ambition du conseil d’enrichir la diversité de ses profils et d’approfondir ses expertises sectorielles», a expliqué Capgemini dans un communiqué envoyé lundi soir. Jean-Marc Chéry est le président du directoire et directeur général du fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics depuis mai 2018.
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