LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
Au sein du groupe Crédit Agricole, entre un Crédit Agricole SA aux multiples métiers et les caisses régionales, la place de LCL est souvent réduite à la portion congrue. Une fois n’est pas coutume, LCL s’est retrouvé mardi sous les feux de la rampe avec un «deep dive» destiné à présenter aux analystes la manière dont son plan stratégique «Energies 2030», devait lui permettre de transformer son modèle. Les objectifs financiers sont ambitieux, puisqu’il s’agit de porter le résultat net part du groupe de 663 millions d’euros fin 2025 à 928 millions fin 2028, et le rendement sur fonds propres normatifs (RONE) de 9,6% à plus de 13% sur la même période.
Cette feuille de route doit contribuer à atteindre les ambitions globales de Crédit Agricole SA qui annonce un résultat net part du groupe supérieur à 8,5 milliards d’euros à l’horizon 2028. Cette initiative de détailler la feuille de route a été appréciée. «C’est toujours intéressant d’avoir des détails sur une division du groupe qui n’est pas négligeable», relève Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom AI.
Effet ciseaux positif, un leitmotiv
La banque promet de mener une restructuration profonde à l’horizon 2028 avec un recours accru au numérique et à l’IA, et à la clé, une progression des revenus et une réduction des coûts, pour afficher l’effet ciseaux positif, devenu seul leitmotiv de la performance bancaire. Dans ce cadre, le renouveau des offres proposées aux clients particuliers et professionnels, et la possibilité d’une entrée en relation tout digital, sont au cœur du plan. C’est désormais une réalité pour les pros, cela doit en être une en septembre prochain à l'échelle de la banque, a promis LCL. La possibilité d’ouvrir un compte à distance permet aussi la mise en place d’une offre bancaire 100% digitale – L by LCL – pour capter une clientèle autonome avec des tarifs compétitifs, complétée par une offre standard avec un accueil en agence et enfin une offre premium avec un conseiller dédié. LCL affiche sa volonté d’avoir une offre bancaire complète et de «viser les clients à potentiel».
Dans cette optique, la clientèle patrimoniale et les entrepreneurs sont un autre fer au feu pour LCL, qui a finalisé l’acquisition de Milleis Banque le 30 avril 2026, et vise le top 3 des banques privées indépendantes en France, en augmentant de 30% entre fin 2025 et fin 2028 les encours confiés par ses clients pour les porter à 100 milliards d’euros. «Les ambitions sont assez agressives sur le wealth management», estime Jérôme Legras.
Rumeurs non démenties d’acquisition en Allemagne
La croissance de LCL passe aussi par l’Allemagne, et la banque doit apprendre à collaborer avec CACIB et LCL pour travailler outre-Rhin dans un dispositif de «German desk», qui reste à caractériser. «Le flou demeure sur la manière dont les affaires doivent être développées en Allemagne avec CACIB, alors que les PME allemandes sont déjà très bancarisées», tempère en effet Jérôme Legras. Ce flou persiste alors le Crédit Agricole n’a pas démenti les rumeurs qui le disent intéressé par la banque allemande IKB, dont le fonds Lonestar chercherait à se défaire.
«Le plan de LCL est nettement plus ambitieux que par le passé, mais à ce stade, compte tenu des incertitudes macroéconomiques, nous restons prudents quant à la croissance du chiffre d’affaires» relève une note d’analyse de JPMorgan. «Le point le plus décevant porte sur les coûts. L’ambiguïté qui subsistait sur la prise en compte des 350 millions d’euros de coûts de restructuration à engager a été levée, mais tend à laisser penser que le coefficient d’exploitation ne s’établira pas autour de 60% mais plutôt à 62%», ajoute Jérôme Legras.
De toute façon, aussi ambitieux soient-ils, la réalisation des objectifs triennaux de LCL ne transfigurera pas les résultats de Crédit Agricole SA à l’horizon 2028. Ainsi, ni JPMorgan ni UBS n’ont modifié leurs recommandations sur le titre dans leur nouvelle analyse. L’action Crédit Agricole SA a clôturé en hausse d’un maigre gain de 0,3% au lendemain de la présentation.
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