Crédit Agricole SA vise un profit net supérieur à 8,5 milliards d’euros en 2028
Crédit Agricole SA vise un résultat net part du groupe supérieur à 8,5 milliards d’euros à l’horizon 2028, selon sa nouvelle feuille de route stratégique, contre 6,9 milliards d’euros à fin 2024.
Avec ce nouveau plan, «ACT 2028» pour accélération, cohésion et transformation, la structure cotée du groupe Crédit Agricole a pour ambition d’augmenter sa rentabilité sur fonds propres tangibles (ROTE) à 14%, contre 13,1% selon le consensus d’analystes, et nettement au-dessus de l’objectif de 12% du plan 2022-2025 qui s’achève.
La croissance annuelle des revenus devra être en moyenne supérieure à 3,5% par an entre 2025 et 2028, pour dépasser le cap des 30 milliards en fin de période, en ligne avec les prévisions des analystes. Tous les métiers doivent y contribuer.
Gagner 6 millions de clients
Crédit Agricole SA a trois grands objectifs stratégiques : gagner 6 millions de clients pour atteindre un total de 60 millions, générer 60% de ses revenus hors de France, contre 55% actuellement, et abaisser son coefficient d’exploitation en dessous de 55%.
Pour atteindre ces objectifs, la banque veut d’abord continuer à se renforcer sur le marché domestique et toutes les banques du groupe, caisses régionales, LCL et BforBank ont un rôle à jouer et un objectif global de conquête brute de 8 millions de clients. Face à l’offensive des néobanques, «nous voulons nous organiser et riposter», annonce Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole SA. Les caisses restent des banques universelles, alors que LCL doit poursuivre sa transformation et la segmentation de sa clientèle. BforBank va se renforcer sur l’épargne pour devenir rentable à l’horizon 2028 et se développer en Europe.
L’essor du groupe en Europe va être amplifié, en banque de détail, et sur le segment des ETI. En Italie, un «marché de prédilection», où la banque est présente via sa filiale CA Italia et à travers une participation de 20% au capital de Banco BPM, les revenus doivent croître assez vite pour peser 20% du total contre 15% actuellement, en ajoutant notamment 500.000 clients à la base actuelle de 6 millions. Les objectifs reposent sur la seule croissance organique et le développement des ventes croisées, mais la banque «reste à l’écoute des opportunités de croissance externe». La BCE n’a pas encore donné l’autorisation au Crédit Agricole de franchir le seuil des 20% du capital de Banco BPM.
A lire aussi : Le Crédit Agricole prépare son grand oral
Une banque universelle en Allemagne
Mais les ambitions pour 2028 dépassent l’Italie. «Le Crédit Agricole, deuxième banque européenne par sa taille, a un rôle à jouer dans le renforcement de la compétitivité européenne», a lancé Olivier Gavalda. Le groupe transforme ses activités bancaires en Allemagne et annonce la création de Crédit Agricole Deutschland. En trois ans, l’objectif est de passer d’un million de clients en crédit à la consommation et services financiers à une banque universelle avec le double de clients. Le groupe veut aussi accélérer sur le segment des ETI en France et en Europe, ce qui passe par l’Allemagne, mais aussi la Pologne voire l’Ukraine, dans les secteurs de la défense, de l’énergie, de la technologie et de l’agroalimentaire.
La banque compte aussi se renforcer en Asie avec le développement de CA Indosuez, Cacib et Caceis, et accélérer le développement de sa filiale de gestion d’actifs, Amundi, qui vise 150 milliards de collecte nette à l’horizon 2028.
En parallèle de son expansion, le groupe va se transformer, rationaliser et coordonner son fonctionnement. La mise en commun d’outils et le partage des données et des solutions devient une règle. Les solutions d’IA qui ont été élaborées au sein du groupe vont être mutualisées. Des plateformes partagées vont être mise en place, notamment pour les métiers de conformité avec le KYC (know your client) group. Le Crédit Agricole va aussi mutualiser les travaux et les compétences dans la finance tokenisée. Sa filiale Caceis vient d’obtenir l’agrément MICA et va donc pouvoir conserver les cryptos actifs des clients institutionnels des autres entités du groupe. Ces objectifs reposent sur la seule croissance organique des entités du groupe.
Dividende intérimaire
La trajectoire financière de la banque va permettre de maintenir le ratio CET1 supérieur ou égal à 17% au niveau du groupe. «Cela fait du Crédit Agricole la banque la plus solide d’Europe», souligne Clotilde L’Angevin, directrice générale adjointe de Crédit Agricole SA.
A l’occasion de la présentation de ce plan stratégique, la banque a annoncé qu’elle allait procéder désormais au versement d’un dividende intérimaire, à compter du premier semestre 2026. Son objectif de distribution reste fixé à 50% du résultat. Compte tenu de la croissance des revenus et des résultats et de ce niveau de distribution, dans l’hypothèse où aucune nouvelle opération de croissance externe ne serait réalisée d’ici là, Crédit Agricole SA pourrait avoir accumulé 6 à 7 milliards d’euros supplémentaires à l’horizon 2028 pour financer des acquisitions.
A lire aussi : Les résultats trimestriels de Crédit Agricole SA ont profité d'éléments non récurrents
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