Le Crédit Agricole envisagerait un rapprochement avec Banco BPM
Après de longs mois en position défensive, le Crédit Agricole va-t-il passer à l’offensive en Italie ? Le mouvement est dans l’air depuis qu’UniCredit a abandonné ses ambitions sur Banco BPM, que la banque française détient à plus de 20%. Le scénario vient de prendre un peu plus d’épaisseur.
Ces dernières semaines, des représentants du Crédit Agricole auraient discuté avec «des responsables du gouvernement italien des conditions d’un éventuel rapprochement entre la filiale italienne de la banque française et Banco BPM», a rapporté mardi Reuters, citant deux personnes proches du dossier. La banque verte aurait rassuré l’exécutif italien sur sa volonté de fournir des garanties, notamment sur le maintien des prêts aux petites entreprises.
Le gouvernement de Giorgia Meloni, particulièrement sourcilleux en ce qui concerne les rapprochements bancaires et qui s’était opposé à la reprise de Banco BPM par UniCredit, semble plutôt ouvert à une telle opération. La semaine dernière, le ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, a indiqué qu’il ne s’opposerait pas à une telle opération, mais qu’il «poserait ses conditions». «Je n’ai aucune objection politique, j’ai une loi que je dois appliquer comme je l’ai fait récemment. Comme je l’ai appliquée pour d’autres, je la ferai appliquer pour eux», a-t-il déclaré.
Signaux au vert
Le sujet pourrait se révéler d’autant plus sensible que Banco BPM a récemment fait l’acquisition d’Anima, l’un des principaux gérants d’actifs de la péninsule.
Contactés, Banco BPM n’a pas répondu aux sollicitations de L’Agefi, et le Crédit Agricole ne fait pas de commentaires.
Pour le groupe dirigé par Olivier Gavalda, un rapprochement avec la banque italienne serait loin d’une plongée dans l’inconnu. Il détient en effet 20,1% de son capital, une position qu’il a récemment renforcée, notamment via des produits dérivés. Les deux banques sont en outre partenaires de long terme dans le crédit à la consommation et l’assurance sur le marché italien.
Le rachat de Mediobanca engagé par une autre banque italienne, Monte dei Paschi (MPS), laisse aussi le champ libre à une telle opération. Mi-septembre, le directeur général de Banco BPM, Giuseppe Castagna, avait d’ailleurs estimé qu’une transaction avec le Crédit Agricole était «l’option la plus claire» pour son groupe et serait bénéfique pour l’économie du pays.
Si elle devait se confirmer, une telle opération pourrait prendre plusieurs formes, qu’il s’agisse d’un schéma de fusion, ou d’une OPA par un pur échange d’actions ou une formule mixte, combinant titres et numéraire. L’avenir le dira, ou pas.
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