Revolut décroche son agrément bancaire français
- La néobanque Revolut a obtenu un agrément bancaire français de plein exercice pour sa filiale Revolut Bank S.A..
- Cette structure française gérera l’Europe de l’Ouest, tandis que l’entité lituanienne conservera le reste de l’UE.
- Le groupe, qui comptait 7 millions de clients en France fin 2025, prévoit d’y ouvrir son siège régional en 2027.
La filiale française de Revolut peut désormais exercer comme établissement de crédit à part entière. Après le dépôt d’un dossier l’an dernier et à l’issue d’une évaluation conjointe de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne (BCE), l’agrément bancaire français a été délivré à Revolut Bank S.A.. La structure doit commencer par servir les clients français de Revolut, avant que les autres marchés – Allemagne, Espagne, Portugal, Italie, Irlande – ne lui soient progressivement transférés.
« Cette licence nous donne les moyens de bâtir une banque d’une nouvelle génération au service de plus de 30 millions de clients en Europe de l’Ouest », se satisfait Nik Storonsky, fondateur et directeur général du groupe cité dans un communiqué. Le dirigeant voit dans la France « le point d’ancrage idéal » de sa prochaine phase de développement.
A lire aussi : Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Modèle européen à deux pôles
L’entité lituanienne Revolut Bank UAB, qui portait les activités du groupe dans l’Union depuis le Brexit, doit rester un pilier essentiel du dispositif de Revolut, en conservant les activités du reste de l’Espace économique européen. Les deux banques seront supervisées par la BCE, en coordination avec leurs autorités nationales.
Avec cet agrément, la France continue de monter en puissance dans l'écosystème de Revolut. Fin 2025, la société revendiquait 7 millions de clients dans le pays, où elle a lancé le recrutement de 400 collaborateurs depuis un an. La société britannique revendique près de 30 millions de clients dans cette région, « dont près de 8 millions [ayant] rejoint la banque en 2025 », précise le communiqué publié par Revolut.
Le siège régional parisien, adossé à un investissement d’un milliard d’euros, doit ouvrir en 2027. Il est piloté par Béatrice Cossa-Dumurgier, sous la présidence de Frédéric Oudéa, ex-directeur général de Société Générale.
Cette annonce prolonge une série de succès pour Revolut, marquée par l’obtention d’une licence britannique de plein exercice en mars et des résultats 2025 records. L’entreprise, qui se rêve en poids lourd du secteur bancaire mondial et qui a aussi déposé une demande d’agrément aux Etats-Unis, vise 100 millions de clients d’ici à mi-2027.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed de Dallas tire la sonnette d'alarme sur les dépôts tokenisés
Selon la Fed de Dallas, les dépôts sur la blockchain pourraient être moins stables que les dépôts traditionnels et être plus sensibles aux taux. Dans le scénario envisagé, cela aurait un impact négatif sur le coût du crédit pour les consommateurs et les entreprises. -
Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
Dans cette tribune, Stéphane Marchal et Jérémy Gandiol, respectivement partner et senior manager chez Julhiet Sterwen, montrent que le coefficient d'exploitation des banques, mesurant leurs coûts rapportés aux revenus, ne peut être lu comme une mesure pure de l’efficacité opérationnelle. -
La Chambre haute du parlement suisse veut donner de l’oxygène à UBS
Les parlementaires proposent que le groupe puisse toujours recourir aux dettes subordonnées AT1 pour capitaliser ses filiales étrangères, contrairement à ce que prévoit le projet de loi fédéral.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Qonto fait le ménage dans ses comptes clients en pleine demande de licence bancaire
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- La trajectoire de la dette française finira par peser lourd
Contenu de nos partenaires
-
Rose éternelleFrançois Hollande et Ségolène Royal, une histoire sans fin
Eternels candidats à la candidature, les deux amants terribles du socialisme français se sont évités de peu sur le campus d'été du PS à Blois, les 28 et 29 août, tout en continuant à se surveiller par entourages interposés -
Nouveau frontL'Allemagne dans le piège de la guerre hybride russe
Le chancelier Merz a choisi une réaction mesurée à la tentative d'attentat de Leipzig, soucieux de ne pas donner du grain à moudre à l'extrême droite à l'approche d'élections régionales -
Sur le ringBruxelles désigne OpenAI comme cible pour affirmer sa souveraineté
La Commission européenne veut réguler ChatGPT, mais expose l’Europe à un casse-tête réglementaire aux enjeux stratégiques majeurs