Les syndicats de la Société Générale revendiquent une grève inédite et suivie
A la Société Générale, la perte d’une journée de télétravail ne passe pas. Quelques jours après que le directeur général, Slawomir Krupa, a notifié aux salariés de la banque sa décision de réduire le nombre de jours de travail à distance à un seul maximum par semaine, le groupe subit un mouvement de grève jugé «inédit» par les syndicats.
Dans un communiqué, l’intersyndicale CFDT, CGT et CFTC évoque un mouvement suivi «différemment selon les activités, dont l’ampleur va marquer l’histoire». Le taux de grévistes serait ainsi de 90% au sein de GTPS, la filiale dédiée aux paiements qui compte 1.200 salariés selon la CGT, de «près de 50%» au sein des back-offices des agences, et entre 60% et 80% chez Société Générale Securities Services. Le taux atteindrait aussi 80% parmi les contrôleurs de la direction de la conformité (CPLE), selon la CGT.
La mobilisation est «sans précédent pour la population des centraux parisiens qui partait de loin avec des taux de grévistes historiquement situés entre 1% et 3%», indique Johanna Delestré, déléguée nationale adjointe CFDT à la Société Générale.
«Difficile d’avoir des chiffres précis et définitifs à l’heure qu’il est, mais cette grève inédite sur le fond (les régimes de télétravail) l’aura été aussi par son ampleur dans les secteurs potentiellement les plus impactés et traditionnellement moins mobilisés», confirme Philippe Fournil, délégué national CGT, dans un article publié sur le site internet du syndicat.
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Une nouvelle journée de mobilisation le 3 juillet
Plusieurs filiales en France, telles que BoursoBank, Franfinance ou Ayvens, ainsi que des implantations à l’étranger auraient également rejoint le mot d’ordre, selon l’intersyndicale. Les salariés dans les agences françaises, qui sont traditionnellement les plus actifs lors des mouvements sociaux mais qui profitent peu des mesures actuelles de télétravail, semblent à l’inverse moins mobilisés.
Contactée par L’Agefi, la Société Générale ne fait pas de commentaires sur les chiffres avancés par les syndicats.
Après cette journée de grève, les syndicats ont donné rendez-vous aux salariés le 3 juillet prochain pour un mode de mobilisation plus original. Ils les invitent à «tous» venir en présentiel afin de faire «la démonstration que les conditions matérielles ne permettent pas d’envisager un retour sur site ‘comme avant’».
Le lendemain, vendredi 4 juillet, la direction de la banque rencontrera les organisations syndicales représentatives en France.
Ce retour en arrière sur le télétravail à la Société Générale s’inscrit dans un mouvement plus large dans le secteur bancaire. Après JPMorgan, UBS ou HSBC, la Banque de Montréal (BMO) vient de durcir ses règles en la matière en demandant à ses salariés de revenir au bureau quatre jours par semaine. En France, dans un autre secteur, un préavis de grève a été déposé chez Free alors que l’opérateur veut réduire le télétravail à six jours par mois.
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